LUMIERE DE LA TIJANIYYA ( SUITE)

18/06/2008 19:23 par emeu

  • LUMIERE DE LA TIJANIYYA ( SUITE)

    LUMIERE DE LA TIJANIYYA ( SUITE)

    18/06/2008 19:23 par emeu

(...)

"Selon cAbdu Ällah ïbn Qatâda, rapportant son père, le Prophète (PSL) a dit: << Le feu n'atteindra pas celui qui atteste qu'il n y a de divinité qu'Allah et que Muhammad est son messager avec conviction>> ".

1 - LE POIDS DU TAHLÎL DANS LA BALANCE.

 

"Selon cAbdu Ällah ïbn cUmar, le Prophète a dit: <

  • Nies tu la moindre chose dans ces registres?

     

Le Serviteur:

  • Non, Seigneur.

     

Dieu dit:

  • As-tu des excuses ou des bonnes actions?

     

Le Serviteur:

  • Non, Seigneur.

     

Alors Dieu lui dit:

  • Tu possèdes des bonnes actions enregistrées ici et tu ne sera point lésé.

     

On sortit une petite carte sur laquelle on avait inscrit la formule (J'atteste qu'il

n y a De divinité qu'Allah et que Muhammad est son serviteur et messager) qu'il avait prononcée. L'homme dit:

  • Ô mon Dieu, que représente ce bout de papier à côté de ces

     

registres?

Dieu:

  • Tu ne seras pas lésé.

     

On mit les registres sur un plateau de la balance et le bout de

papier sur l'autre. La balance tomba du côté du bout de papier.>>."

2 - LA RECOMPENSE DU TAHLÎL EST UNE FAVEUR

DE DIEU.

Nous continuons à citer Tâju äl-Dîn äl-Sabkî:

l-Layth ïbn sacîd rapporte des propos semblables, ce qui les renforce . On y comprend par le fait que la balance tomba du côté du bout de papier, que la double shahâda efface ces péchés et il ne s'agit point là d'une innovation. Il n'est pas non plus étrange que par la générosité de Dieu, loué soit Son Nom, qu'il fasse de la double shahâda une possibilité de remise des péchés passés. Nous citerons des hadith qui étayent cela et souvent, les bons actes peuvent racheter les péchés non encore commis.

Ne Considères tu pas les combattants de la grande bataille de Badr et les propos du Prophète (PSL):

<<Si comme si Dieu s'est enquis [le verbe aïttlaca est utilisé] des compagnons de Badr et dit: faites ce que bon vous semble, je vous ai absout de vos péchés.>>.

Selon Abi Hurayra, le Prophète a dit : <<Celui qui jeûne le mois de Ramadân, avec foi et espérance d'une rétribution divine, verra ses péchés passés et futurs pardonnés>> et <<Celui qui veille en prière la Nuit du Destin (laytatu äl-qadr), avec foi et espérance d'une rétribution divine, verra ses péchés passés et futurs pardonnéslayta l-qadr>>.

Dans les deux recueils authentiques de hadiths de äl-Bukharî et de Muslim, le Prophète (PSL) dit:

<<Celui dont la prononciation de la formule âmîn, dans la prière, coïncide avec celle des anges, verra ses péchés pardonnés.>>.

Il est aussi connu que la tradition confirme que le jeûne du jour de la station au mont cArafa (le neuf du mois de dhu äl-hijja), efface les péchés de l'année passé et ceux de l'année à venir, et que le jeûne du jour de câchûra (le dix du mois de Muharram) efface les péchés de l'année passée. De même, celui qui prend un bain rituel le vendredi, se dirige vers le lieu de prière, fait des prières, écoute le discours de l'imâm et enfin, accompli la prière hebdomadaire de vendredi, se voit pardonner ses péchés d'un vendredi à l'autre, avec un surplus de trois jours. Le hadith affirme aussi que l'entrée dans l'Islâm (la conversion) efface tous les péchés antérieurs. Le grand pèlerinage ( Hâjj ) et le petit pèlerinage ( cumra ) effacent chacun les péchés, à condition, naturellement, qu'ils soient acceptés.

3 - LA SHAHADA EST LA MEILLEURE ACTION.

 

Dans son livre des invocations kitâbu äl-ducâ, äl-tabarânî rapporte d'Abu Dharrin (RA): "J'ai dit: <<Ô Prophète, enseigne-moi une pratique qui me rapproche du paradis et m'éloigne de l'enfer>>. Il me dit: <<Quand tu accomplis une mauvaise action, fais la suivre d'une bonne œuvre car il faudra dix fois la première action>>. Je dis: <<O Prophète, prononcer la shahâda, est-elle une bonne œuvre ?>>. Il répondit: <<C'est la meilleure des bonnes œuvres>>."

Le Hadith <<Efface la mauvaise action en la faisant suivre par une bonne oeuvre>> va dans le même sens. Néanmoins, nous savons que les pécheurs subiront nécessairement une punition, conformément aux hadiths authentiques. Mais il arrive que ceci arrive à certains individus, à l'exclusion d'autres, par la seule faveur, par la seule générosité de Dieu.

Peut être, est-ce pour cela que ce pauvre homme, s'apercevant de l'immensité de ses péchés face à la faiblesse de ses bonnes œuvres, frappé par la déroute et l'avilissement, s'est cramponné à ce qui pourrait lui ouvrir cette faveur, rémission de tous ses péchés.

4 - QUICONQUE PRONONCE LA SHAHADA ENTRE

AU PARADIS.

Rappelons ici le hadith suivant rapporté par Abu Hurayra: "Le Prophète (PSL) a dit à Abû äl-Dardâ: <<Annonce aux hommes que quiconque atteste qu'il n y a de divinité que Dieu et que Muhammad est son messager-envoyé, entre au paradis>>. "

5 - LA SHAHADA EST EXPIATOIRE DE PECHES.

Abû Bakr äl-çiddîq (RA) a dit :"J'ai demandé au Prophète (PSL) une formule expiatoire de nos péchés. Il m'indiqua la shahâda>>."

6 - LA SHAHADA EFFACE LES PECHES.

 

Thâbit rapporte de Anas ceci :

"Un homme vint auprès du Prophète (PSL) et lui dit : <<Ô Prophète, j'ai commis toutes sorte de péchés, petits et grands>> . Le Prophète (PSL) :<<As-tu formulé qu'il n'a de divinité qu'Allah et que Muhammad est son envoyé>>?. Il répondit "oui". Alors il (PSL) répondit: <<Ceci prend le dessus sur cela>>".

7- LA SHAHADA EST UNE ECHAPPATOIRE.

 

Abu Bakr äl-çiddîq (RA) rapporte:

"Je dis au Prophète (PSL) : <<Comment échapperons-nous dans notre situation actuelle?>>.

Il (PSL) dit : <<Quiconque déclare qu'il n'y a de divinité qu'Allah, nul associé à lui, et que je suis son envoyé, y trouve son salut>>."

8 - LA SHAHADA EXPIE LE SERMON.

Ïbn cAbbâs (RA) rapporte: << deux hommes vinrent vers le Prophète (PSL). L'un demandait un droit sur l'autre. Quant on lui demanda une preuve, il ne put la fournir. Le deuxième jura, par Allah dont point de divinité en dehors de Lui, alors ne rien lui devoir. Le prophète (PSL) , sachant qu'il mentait, lui dit: "Donne lui son droit, et expie ton juron par Lâ ilâha illa allah".>>

9 - LA SHAHADA EST UNE INVIOLABILITE.

Äl-miqdâ rapporte: "J'ai demandé au Prophète (PSL) en lui disant <>. Il (PSL) dit <>, deux ou trois fois puis ajouta: <>

Ce hadith est rapporté dans les deux recueils authentiques de Muslim et Bukhari.

10 - LA SHAHADA EST UN TRESOR.

Ïbn Hajîra rapporte de Abi Dharrin, rapportant du Prophète (PSL), que le trésor cité dans le Qurân, dans la sourate de la Grotte (18:82), est une plaquette en or, sur laquelle il est transcrit:

<hammad est son envoyé.>>

[Dieu dit dans le verset 82 de la sourate 18:

Quant au mur, il appartenait à deux garçons orphelins de la ville, et il y avait dessous un trésor leur appartenant ; cependant que leur père était un nomme de bien. …]

Ïbn cAbbas a aussi dit : <"il y avait dessous un trésor", était une tablette sur laquelle on avait écrit: << Il n'existe d'autre Divinité en dehors d'Allah et Muhammad (PSL) est son envoyé. Je m'étonne que quelqu'un qui croit au destin puisse s'installer paisiblement dans ce monde, que quelqu'un qui voit comment cette vie terrestre se joue de ses adeptes, puisse s'y apaiser>>.>>

11 - LA SHAHADA SUR L'OREILLE D'UN POISSON.

Yazîd ïbn äl-cAtâr a dit: <shibr. Sur l'oreille droite, il y était écrit : Lâ ïllâha ïlla Ällah; sur l'occiput et sur l'oreille gauche, il avait: Muhammaduñ rasûlu Ällah. Ces inscriptions étaient plus claires que la gravure sur de la pierre. Le poisson était blanc et l'écriture noire au point qu'on pouvait penser qu'il s'agissait de l'encre. Nous jetâmes le poisson dans l'eau et les gens se privèrent de pêcher en ce point de la mer, jusqu'à ce que nous ayons quitté.>>

12 - LA SHAHADA EXPOSEE AU PARADIS.

Selon Anas ïbn Mâlik, le Prophète (PSL) a dit: <

La première: Lâ ïllâla ïlla Ällah.

La deuxième: Nous avons trouvé ce que nous épargné pour cette vie future, nous avons bénéficié de ce nous avons mangé, nous avons perdu ce que nous avons négligé.

La troisième: Une communauté pécheresse, un Seigneur repentant.>>.

V - LE MOT DE LA FIN.

Que Dieu nous inspire le bon sens et la droiture. Qu'il nous ajuste vers le convenable.

Vous est-il acceptable que vous nous ridiculisiez et nous vous honorions?

Ou que nous vous protégions et vous nous lésiez.?

La meilleure parole est celle qui guide tout en étant succincte. C'est Dieu qui mène au chemin droit. Il dit la Vérité et dirige vers la bonne voie.

[L'auteur finit son texte par deux poèmes sur la tarîqa tîjâniyya par Seydî Mahanda Bâba äl-Daymânî puis de Muhammad Bello ïbn Cheikh cUthmâm Dan Fodjo, Amîru äl-muä°minîn. Un dernier poème d'éloges boucle le tout ].

Source : www.faydhatijaniyya.com

BAYE : LUMIERE DE LE LA TIJANIYYA

18/06/2008 19:07 par emeu

  • BAYE : LUMIERE DE LE LA  TIJANIYYA

    BAYE : LUMIERE DE LE LA TIJANIYYA

    18/06/2008 19:07 par emeu

 

CHEIKH AL ISLAM

IBRÂHÎM NIASS

(1900 - 1975)

 

LUMIERES SUR LA TIJÂNIYYA ET LES TIJÂN

(une défense de la voie Tijâniyya)

Table de matières:

PREMIERE PARTIE:

A Préambule 4

B Connaissance de la Tariqa Tijâniyya 4

C Texte de Ibrâhîm äl-Rayyahi définissant la voie 4

D La charte fondamentale: 5

E Le Tijân et le Coran 5

F Le Tijân et l'anéantissement du temps dans le dhikr 6

G La charîca: le critère du Coran 6

H Une voie du savoir 6

I Une voie du Jihâd dans le sentier de Dieu 7

J Intrigue contre Cheikh Ahmad äl-Tijânî 7

K Description du sceau des saints par äl-Tirmidhî 8

L Eloges des Savants à l'endroit de Ahmad äl-Tijânî 9

M Les disciples Tijâni, sommités parmi les savants 13

N La réfutation de la Tijâniyya: une injustice délibérée 14

O La contestation selon la compréhension 15

P L'attache des Tijâni au coran et à la sunna 15

Q Les Tijâni parmi ceux qui invoquent Dieu beaucoup 16

R La Tijâniyya est une malâmatiyya 16

S Les invocations de la Tijâniyya ne sont pas innovations 16

T Les litanies de la Tijâniyya sont Muhammadiennes 17

U Les litanies de la Tijâniyya tirées de la sunna 17

1 - Le poids du Tahlîl dans la balance 18

2 - La récompense du Tahlîl est une faveur de Dieu 18

3 - La shahada est la meilleure action 20

4 - Quiconque prononce la shahada entre au paradis 20

5 - La Shahada est expiatoire de péchés 20

6 - La shahada efface les péchés 20

7 - La shahada est une échappatoire 21

8 - La shahada expie le sermon 21

9 - La shahada est une inviolabilité 21

10- La shahada est un trésor 21

11- La shahada sur l'oreille d'un poisson 22

12- La sahada exposée au paradis 22

V Conclusion.

A - PREAMBULE:

 

Louange à Allah Seigneur des Mondes. Que le Salut et la Paix soit sur le Meilleur des Prophètes, sur Sa Famille, sur Ses Compagnons, sur tous ceux qui suivirent et suivront leur traces jusqu'au jour du jugement dernier.

"Dis: "Voici mon Sentier: j'appelle à Dieu! Claire vue à moi et à ceux qui me suivent. Et Pureté à Dieu. Et je ne suis pas des faiseurs de Dieu." ." (12:108)

B - DEFINITION DE LA TARIQA TIJANIYYA.

La Tariqa (Voie) de Cheikh Ahmad fils de Muhammad âl-Tijânî (Que Dieu ait leur Agrément) qu'il a donné à ses heureux compagnons et que ses sommités ont répandue dans le monde entier et par laquelle Dieu a fortifié l'Islam dans nombre de contrées est simplement organisée par les trois litanies (dhikr) suivants: La formule du repentir (ästaghfiru ällâh), La prière sur le prophète

(par n'importe quelle formule) et la formule de l'unicité de Dieu ou äl-kalimatu äl-taybatu (Lâ ïlâha ïllâ ällâh).

Nous nous sommes étendus longuement sur cette Voie d'une manière particulière et plus généralement sur la Voie mystique musulmane (äl-Taççawuf) dans plus d'un ouvrage. Le lecteur peut par exemple consulter notre ouvrage (Kâchiful äl-aïlbâs: Retrait des voiles de la fayda du Sceau Abi äl-cAbbâs). On y trouve des investigations scientifiques sur ces thèmes, et cela par une faveur de Dieu envers nous et envers les humains.

Une des sommités de cette Voie, en même temps cheikh al Islam (autorité islamique unanimement reconnue) dans les contrées tunisiennes, notre maître Ibrâhîm ïbn cAbdi äl-Qâdir äl-Rayyâhî (mort en 1266 H) a défini la voie en termes courts, concis et complets. Je livre ci-dessous son texte issu d'une ïjâza (Nomination d'un disciple au grade de maître lui conférant l'autorité de donner et de représenter la voie) qu'il a conférée en 1244 H au Cheikh Abi Äl-cAbbâs ïbn Ahmad ïbn Sayyed Tahir äl-çulayqî dont le grand Savant et Mufti de Tunis, Cheikh Muhammad Fâdil ïbn cÂshûra, a bien voulu nous faire profiter.

C - TEXTE DE IBRÂM ÄL-RAYYAHÎ

DEFINISSANT LA VOIE.

Voici la Voie de Cheikh Ahmad Tijân (que Dieu ait son agrément). Elle consiste à:

Dire la Tacawwuz (1) (protection en Dieu contre Satan) une fois, puis la basmala (2) (bismi ällähi äl-rahmâni äl-rahîm) une fois, puis faire une çalât calà äl-nabî (3) (formule de salutation sur le prophète, PSL), cent fois, en utilisant n'importe quelle formule, mais la forme spéciale de la Prière de l'ouverture (çalâtu äl-fâtihi) est meilleure en ce qu'elle comporte d'avantages immenses, puis dire la formule du tahlîl (4) (Lâ ilâha ïllâ ällâh) cent fois.

Tu feras ceci après la prière du matin et celle de casr (milieu de l'après-midi), conformément à la Parole de Dieu: "Et rappelle ton Seigneur en ton âme, en humilité et crainte, et non en parlant à haute voie, matin et après-midi, et ne sois point parmi les inattentifs" (7:205).

Ensuite, tu liras la wazîfa une fois dans les vingt quatre heures. Elle consiste en ceci:

Dire le Repentir sous la forme ci-dessous, trente fois:

[Je me repens à Dieu, en dehors de Qui point de divinité, lui le Vivant, l'Absolu]

Puis lire la Prière de l'Ouverture - çalâtu äl-fâtihi ) - cinquante fois.

Puis lire la formule du tahlîl, cent fois.

Enfin lire la Perle de la Perfection - jawharatu äl-kamâl - douze fois.

[Dans l'annexe, les textes arabes de ces dhikr (litanies) sont proposées ainsi que leurs traductions en français et leurs transcriptions latines]

D - LA CHARTE FONDAMENTALE: LE RESPECT DES

OBLIGATIONS DIVINES.

La charte fondamentale de cette voie est le respect absolu des obligations divines, obligation dont la plus ferme est l'établissement de l'Office des cinq prières avec la purification par l'eau, et avec aussi, la réalisation complète de ses piliers, conformément à l'ordre divin "Etablissez l'Office (de prières) " (2:43). Ces prières doivent être faites avec toutes les convenances requises dans des assemblées sunnites en dehors des assemblées innovatrices selon le verset "…inclinez vous avec ceux qui s'inclinent." (2:43), aux heures prescrites: "… établissez l'Office - Oui, l'Office demeure pour les croyants une prescription à temps marqués" (4:103), et dans la dévotion : "Oui ils sont gagnants, les croyants, ceux qui sont dévoués dans leur Office" (23:1-2).

E - LE TIJÂNÎ ET LE CORAN.

En plus de ces obligations divines, le disciple Tijân doit avoir une relation très étroite avec le Coran par la lecture liturgique, l'apprentissage et l'interprétation. S'il s'agit d'un hâfiz, c'est-à-dire s'il a déjà mémorisé l'ensemble du Coran, il doit s'efforcer de le lire en entier chaque semaine ou, s'il le peut, par période de trois jours ; cela étant plus complet. Car il reste bien entendu que la lecture du Coran est la meilleure manière pour se rapprocher de Dieu conformément à une vision que l'Imâm Ahmad Hanbal a reçue, et conformément au Coran lui-même, à la Sunna du notre prophète (PSL), au consensus des savants (Ijmac), à la raison et à la jurisprudence.

Pour celui qui ne peut accomplir la lecture du Coran en trois ni en sept jours, le minimum consiste à lire deux hizb par jour (un hizb est approximativement un soixantième du Coran). Celui qui ne peut rien de tout cela lira ce qu'il peut, ne serait ce que quelques versets par jour.

F - LE TIJÂN ET L'ANEANTISSEMENT DU TEMPS

DANS LE ZIKR.

L'enseignement de la voie recommande fortement de submerger son temps dans le rappel (zikr) de Dieu le Très-Haut. Le meilleur dhikr est celui qui vient du Coran, tel que : äl-bâqiyâtu çâlihât (subhâna ällâh, wa äl-hamdu lillâh, wal ällâhu akbar) ou encore la formule Lâ ïlâha ïllâ ällâhu wahdahu lâ charîka lahu, après chaque prière.

G - LA CHARÎ cA: LE CRITERE DU TIJAAN.

 

En dépit de la clarté de cette voie et de ce qu'elle est, en réalité, la voie du Coran et de la Sunna, certains se mirent à critiquer Cheikh El Hâj Ali Harâzim, auteur du livre "la quintessence des significations" (jawâhir äl-macânî), simplement parce qu'il s'est étendu sur les faveurs divines de cette voie et des hauts faits de ses heureux adeptes. Ils ne purent supporter l'étendue de ces faveurs. Alors les nièrent et exagérèrent au point dénigrer personnellement Cheikh Ahmad äl-Tijâni lui même, alors que c'est lui qui a déclaré au monde entier cette parole célèbre:

"Pesez chacune de mes paroles à l'aulne de la charîca. Conservez tout ce qui y en est conforme et rejetez tout ce qui en déborde"

Cette parole éteint toute critique fondée sur des bases musulmanes.

H - UNE VOIE DU SAVOIR.

Bien des conséquences découlent de cette déclaration. La plus importante se résume ainsi : Cheikh Ahmad äl-Tijânî, oblige ses adeptes non seulement à acquérir la science mais encore à l'approfondir chacun dans la mesure de ses moyens : seul le savant peut peser à l'aulne de la charîca et juger ainsi selon la parole de Dieu et de son Prophète (PSL).

La Tariqa Tijânîyya est donc fondée sur la science et la sagesse. Celui qui suit Cheikh Ahmad äl-Tijânî puis commet une innovation blâmable, est seul responsable de son égarement : par sa déclaration historique, Cheikh s'est dégagé de toute responsabilité, tout en affermissant son itinéraire et ses actes dans la Sunna ainsi que tout le monde le reconnaît.

I - UNE VOIE DU JIHÂD DANS LE SENTIER DE

DIEU.

 

Il est dit dans le livre "L'Islam : la voie droite", page 109:

"Au septième siècle de l'Hégire, c'est à dire le treizième siècle chrétien, Sokoto (au Nigéria) était un foyer culturel islamique reconnu. Cinq siècles plus tard et avec l'aide des frères çûfis (c'est-à-dire, Tîjâni) de Marrakech, son expansion atteignit une nouvelle impulsion par la fondation de l'Etat de Sokoto auquel se soumirent la majorité des noirs de l'Afrique de l'Ouest."

J - INTRIGUE CONTRE CHEIKH AHAMAD TIJÂNÎ

ET TENTATIVE D'ALTERATION DE JAWÂHIR

ÄL-MAcÂNI.

Je possède un exemplaire du livre Jawâhir äl-macâni, écrit de la main de l'auteur, le khalif El Hadj cAli Harâzim Barrâda (r.a.). Selon mon maître et père, le khalif Tijâni au Sénégal, El Hadj cAbdi ällâh ïbn Sayyidî Muhammad, citant Sayyidi äl-bachir ïbn Sayyidî Muhammad äl-habîb ïbn Ahmad äl-Tijânî (r.a) qui lui a offert l'exemplaire en 1329 H lorsqu'ils se sont rencontrés à Fèz (Que Dieu la sauvegarde), cette copie manuscrite était en possession de Cheikh Ahmad äl-Tijânî lui même durant seize ans.

La version imprimée très répandue auprès des frères contient maintes choses étrangères à la version originale. Je me suis rendu compte de cela en enseignant ce livre plusieurs fois à des groupes de disciples avancés en présence de sommités de la Tijânîya. Je lisais mon exemplaire manuscrit et ils suivaient avec la version imprimée. Je m'évertuais constamment à les mettre en garde envers les altérations. Comme exemple de ces ajouts le partie intitulée äl-maqçadu äl-Ahmadî qui ne se trouve pas dans mon exemplaire.

J'ai informé le khalif Tijânî du Caire Cheikh Muhammad äl-hâfiz de cette découverte. Il m'emprunta l'exemplaire et le lut avec un groupe de savants Tijânî dont les maîtres de la ville de Ismâcîliyya. Ils purent confirmer mon constat en comparant avec la version imprimée. Ce khalif m'a alors demandé de lui notifier tout cela par un acte écrit qu'il gardera et qu'il diffusera au besoin; ce que je fis.

Je suis prêt à aider toute personne qui voudrait mener des recherches en ce sens car cet exemplaire original restera avec moi et j'en remercie Dieu. Par ailleurs, j'ai lu l'exemplaire de Cheikh Muhammad äl-Hâfiz äl-Tijânî äl-calawî, äl-shinguîtî (le propagateur de la voie Tijânîyya en Mauritanie et par suite en Afrique Noire et qui a personnellement rencontré Cheikh Ahmad äl-Tijânî à Fèz). Je l'ai trouvé conforme au mien.

De toute façon, l'acte de tentative d'altération des livres des savants musulmans, en y ajoutant des inexactitudes, des contre vérités ou mensonges, n'est pas nouveau auprès des chercheurs. äl-Shaca'râni dit dans son livre Latâyïfu äl-mannân (La subtilité des dons), page 121 Vol 1, en parlant du Cheikh Muhyi äl-Dîn äl-cArabî äl-Hâtimî : "… Certes, ils lui firent dire un ensemble de choses contraires à la lettre de la Charîca dans son livre äl-futûhât äl-makiyya (les ouvertures Mecquoises) et dans son livre äl-fussus…". Les raisons de ces intrigues sont diverses. Mais, nous sommes, gloire à Dieu, bien au fait et prévoyants sur notre Voie bénie, la voie Tijânîyya Muhammadiyya.

[L'auteur signale ici le livre de Ahmad Sukayrijî janâyatu äl-muntasab- *** - consacré aux mensonges attribués, à tort, à Cheikh Ahmad äl-Tijânî et publié au Caire sous la supervision de Cheikh Muhammad äl-Hâfiz äl-Tijânî.]

K - DESCRIPTION DU SCEAU DES SAINTS PAR ÄL-

TIRMIDHÎ.

Dans son livre Khatmu äl-awliyâ-ï (Le sceau des saints), äl-Tirmidhî (mort en 279 H), écrit en page 279, ce qui suit :

"On luit demanda: décris-nous cet illuminé (mystique) qui détient l'Imâma (la primauté) et le drapeau des saints (awliyâ), dont tous les autres saints dépendent pour l'intercession, tout comme tous les prophètes (PSE) ont besoin de notre Prophète Muhammad (PSL).

Il répondit: Quant à sa description, je vous en ai déjà parlée.

On lui dit encore: Pourquoi devance-t-il tous les saints jusqu'à ce qu'ils aient tous besoin de lui?

Il répondit: Parce qu'il a reçu le sceau de la sainteté et il devint ainsi la preuve de Dieu sur les saints; et j'ai déjà rappelé au début du livre les raisons de ce scellement, qui est que la prophétie a été donnée aux prophètes et non le sceau.

Ces destins (prophètes) n'échappent pas totalement aux vices de l'âme charnelle et de ses contaminations. Ils reçurent alors un prophète (le prophète des prophètes) qui clôt la prophétie tout comme le contrat écrit puis scellé (signé) de sorte que personne ne peut ni y ajouter ni y retrancher quoi que ce soit; et j'ai déjà décrit son sujet dans ce qui précède.

De même, Dieu fait suivre ce saint le chemin de Muhammad (PSL) dont la prophétie est scellée du Sceau de Dieu. De même que Muhammad (PSL) est l'argument de Dieu sur les autres prophètes (PSE), ce saint est aussi l'argument de Dieu sur les autres saints. Au point que Dieu leur dise : Je vous ai donné la sainteté et vous ne l'avez pas totalement épargnée de l'influence de l'âme charnelle et voilà quelqu'un plus faible que vous, moins âgé que vous, qui

a accompli la sainteté avec une sincérité totale et n'y permit la moindre part à l'âme charnelle.

 

Et tout ceci eut lieu dans le monde caché (ghayb) par la faveur de Dieu envers ce serviteur lorsqu'il lui donna le sceau, pour la consolation de Muhammad (PSL), le jour du rassemblement afin que Satan s'isole, désolé, et que l'âme charnelle perde tout espoir et reste voilée. Les Saints se réjouiront ce jour là de cette faveur qui leur est faite; et lorsque vinrent leurs frayeurs, il (le sceau des saints) ne sera point déficient. Muhammad (PSL) viendra avec son sceau qui leur apporta l'immunité contre ces frayeurs. Ensuite viendra ce saint avec son sceau, leur apportant le salut par la véracité de la sainteté. C'est ainsi que les saints ont besoin de lui.

Le sceau des saints a une position prodigieuse et , d'une manière plus générale, l'Homme a une position élevée; sa création est une grande affaire. Simplement parce que Dieu créa Adam de Sa Main et le nomma son Intendant (khalîfa) sur terre. Il est généralement admis qu'un intendant possède un rameau de la pouvoir du grand roi.

L - ELOGES DES SAVANTS A L'ENDROIT DE

AHMAD ÄL-TIJÂN.

 

J'ai déjà livré dans mon livre (Avertissement des purs : Tanbîhu äl-äzkiyâ) une série de relations de savants musulmans d'Afrique du Nord et d'ailleurs, avec Cheikh Ahmad äl-Tijânî. J'en livre ici quelques unes sans nous étaler en longueur.

Les savants de cette religion et les grands guides ( cheikhs ) véridiques de toutes les contrées, cheikhs qu'on ne peut soupçonner de faux témoignages, ont fait l'éloge de Cheikh Ahmad äl-Tijânî (RA).Tous ces éloges ont trait à sa science et à sa connaissance de Dieu (gnose).

a - Eloges de savants du Magrib.

  1. Dans son livre äl-ächrâf (les nobles), le savantissime Hamdûn ïbn äl-Hâj affirme que son père faisait des éloges à Cheikh Ahmad äl-Tijânî pour sa science et sa connaissance de Dieu et le considérait comme un des cheikhs accomplis de la religion et qu'il composa ces vers:

     

    Fais aussi mention de la lune éclatante, la clarté de Abu

    äl-cAbbas, je veux dire Ahmad äl-Tijânî

    Soleil de la Noblesse, Pôle du cercle de la guidance

    Peine lune de la félicité, étoile de l'embellissement

    Mer de la générosité qui nous gratifie de sagesses, lui le zénith

    tel le diamant parmi les pierres et les couronnes

    Beauté, Imâm (guide), il s'est élevé de bien de degrés

    dans les actions pieuses et ne s'est point attardé.

  2. Cheikh äl-Tâlib ïbn äl-Hâj, dans son commentaire du livre äl-murchid (le guide) a dit, en commentant la phrase (il est obligatoire d'accorder l'authenticité aux nobles prophètes), ce qui suit:

     

    Sayyidî Cheikh Ahmad äl-Tijânî, le gnostique, que Dieu nous fasse profiter de ses bénédictions, etc…

  3. Dans son livre äl-charbu äl-muhtadar wa äl-sirru äl-muntazar min macîni bacdi ahli äl-qarni äl-thâlitha cachara (le breuvage présent et le secret attendu des sources de certains savants du treizième siècle), le savantissime, le complet, le noble, Jaca°far ïbn Idrîs äl-Kitânî, a dit ce qui suit:

     

    "Parmi eux, le Saint, le Célèbre, le Pôle, le Sans ambiguité, le Grand, le Sauveur, le Dévot, Abu äl-cAbbas, Seyydî Ahmad äl- Tijânî, etc…"

    Il ajouta: "… ses qualités sont très grandes, ses états mystiques très prodigieux, sa station dans la sainteté, très élevée …"

  4. En page 180, de la première partie de son ouvrage salwatu äl-änfâs (soulagement des âmes), le savant influent, Muhammad Jaca°far äl-fâsî, äl-madanî, äl-hassanî äl-kitânî, a dit ce qui suit:

     

    " Le cheikh, qui atteint l'enceinte scellée de Dieu, l'exemple, l'accompli, le pieu, le grand, le gnostique établi, la montagne de la sunna (tradition du prophète (PSL)), le signe des bien dirigés craintifs de Dieu, le savantissime réceptif, l'associé, le très intelligent , celui qui a réussi la jonction entre l'exotérisme (charî-ca) et l'ésotérisme (haqîqa), …"

  5. Dans son livre rafcu äl-citâbi wa äl-malâm can man qâla: äl-camalu bi äl-dacîf ikhtiyâräñ haram (Rejet du blâme contre celui qui interdit la pratique du hadith faible dans les œuvres méritoires), en page 53, Cheikh Abu cabdi ällâh Mahmad äl-Qâdirî décrit ainsi le cheikh:

     

    "Le gnostique, mon maître, Ahmad äl-Tijânî".

    De même dans son commentaire du poème äl-burda de l'Imâm äl-buçayri, il dit que son père lui recommanda d'aimer Cheikh Ahmad äl-Tijânî. Il dit en plus:

    "Il rencontra son maître et le maître de son père Abu äl-cAbbâs Ahmad äl-Tijânî et lui attesta qu'il aimait ce cheikh". Et ces gens là étaient des savants de Fèz.

  6. Dans son livre äl-ïstiqçâ (l'Investigation), le savantissime, le célèbre, le généalogue, Ahmad äl-nâçirî äl-lâwî, que Dieu lui accorde sa miséricorde, dit en page 137, partie 4, "que Cheikh Ahmad äl-Tijânî est plein d'allure et influe sur les sciences"

     

En page 146 de la même partie, il dit:

"Quant aux saints, l'interdiction de la visite(spirituelle ) - afin d'éviter tout prétexte - mais expliquée correctement et largement de sorte que cela (l'interdiction) ne ambiguë, est pertinente et ne contredit pas les fondements de la Loi (charîca) mais, plutôt, lui est conforme.

Ce point de vue est celui du jurisconsulte, du mystique, Abu äl-cAbbâs, Cheikh Ahmad äl-Tijânî, qui a défendu ses compagnons de la visite (spirituelle) des autres saints."

Il dit finalement en page 150 de la même partie:

"Le Cheikh, le Gnostique, l'Imâm, Abu äl-cAbbâs Ahmad äl-Tijânî, guide suprême de la Voie Tijâniyya.".

b - Eloges des savants Tunisiens.

Dans son livre çafwatu äl-ica°tibâr bi mustawdaci äl-ämçâr, en page 32, Cheikh Muhammad äl-bayram äl-khâmis äl-Tûnissî, äl-miçrî (décédé et inhumé en Egypte, 1370), décrit ainsi le cheikh:

"Le Pôle, le Vertueux, Ahmad äl-Tijânî (RA)".

Il rappela un poème par lequel Ahmad äl-Tijânî a appelé Dieu lorsqu'il rencontra des difficultés dans la contrée de Tunis.

c - Eloges des savants de Cham (Syrie).

1) Dans son livre jâmicu karâmâti äl-äwliyâ (Collection des faits prodigieux des saints), en page 349, partie 1, L'imâm, l'excellent, l'aimant, l'accompli, Yûsuf äl-nabahânî décrit ainsi le cheikh:

"Guide des gnostiques, l'une des sommités parmis les saints rapprochés"

Dans son livre sacâdatu äl-dârayni (la félicité des deux mondes), il dit:

"Cheikh Ahmad äl-Tijânî, fait partie de ceux qui reçurent leur litanies (äwrâd wa ädhkâr) directement du Prophète (PSL), en état de veille".

Il rappela dans son livre certaines particularités de jawharatu äl-kamâl (La perle de la perfection).

2) Un autre, le célèbre, l'exemplaire Muhammad Fâl ïbn Muhammad ïbn Ahmad äl-câqil, a dit:

"Ahmad, plutôt connu sous le nom de äl-Tijânî

doué de connaissance, de secrets et de gnose".

3) cAbdu Ällah ïbn Ahmad Dâm, reconnu par sa haute position par tous ses contemporains, métropolitains et provinciaux, décrit Cheikh et sa voie dans le poème suivant [dont nous donnons les deux premiers vers]:

Qu'on veuille supputer sur la Voie d'äl-Tijânî

Quant à moi, je suis convaincu de sa perfection

Celui qui lit les livres qu'ils a propagés

y verra des paroles véridiques, toutes guidantes

etc..

d - Eloges des savants d'Egypte.

 

Dans son livre ïntichâru äl-ïslâm fî äl-qârati äl-aîfrîqiyya (Propagation de l'Islâm sur le continent africain), le docteur Hassan Ibrahîm, Recteur de l'Université Usyût, dit en page 44:

"Parmi les ordres çûfî, la Voie Tijânîyya, est celle qui a la propagation la plus vertigineuse. Elle fut fondée par Abu äl-cAbbâs Ahmad ïbn Muhammad äl-Mukhtâr ïbn Sâlim äl-Tijânî (1737-1810 après Jésus)

Originaire du village de cAynu Mâdî d'Algérie. Ensuite, il a effectué plusieurs voyages dans les pays musulmans tels que Télemcen, Makka, Médine, Le Caire. Il s'est formé auprès des cheikhs de ces villes. Enfin il fonda une nouvelle voie çûfie

Il effectua un séjour dans le désert (äl-çahrâ) en 1782 après Jésus puis s'installa à Fèz (Maroc) en 1797. Il y passa une grande partie de sa vie pour l'organisation et l'expansion de sa voie. Il désigna ses compagnons sous le nom "des Amis" (äl-ähbâb). Il interdit à ses compagnons l'enrôlement dans d'autres voies çûfies." (Voir note plus haut).

On retient d'eux la pratique constante du dhikr ( litanies), de la lecture du Coran, d'invocations, de prières sur le Prophète (PSL) très précises en des moments aussi déterminés."

e - Conclusion.

Nous avons listé quelques brillants éloges de savants de la religion musulmane qui ne sont pas des membres de le Voie Tijâniyya:

Certes les gens ne manquent pas d'intelligence au point

De dire le bien là où ils ne le voient pas.

M - LES DISCIPLES TIJANI, SOMMITES PARMI LES SAVANTS.

 

Nous ne nous étendrons pas sur le nombre et la qualité des savants, parmi les culamâ, de cette religion qui se sont soumis à l'autorité spirituelle de Cheikh Ahmad äl-Tijânî et ont suivi sa voie, hier et aujourd'hui. Leur nombre et leur existence dans toutes les contrées suffisent à illustrer la valeur de la voie.

Nous nous contenterons de citer des passages du livre äl-îmânu äl-çahîh (La foi authentique) du savantissime, le Qâdî marocain, Ahmad Sukayriji (page 60), livre dans lequel il a fortement défendu son maître Cheikh Ahmad äl-Tijânî.

 

  1. QUELQUES SAVANTS DE TUNIS.

     

    Et, si Cheikh Ahmad äl-Tijânî n'avait pour disciple que Abu Ishâq Ibrâhîm äl-Rayyâhî, cela aurait amplement suffit pour lui emboîter les pas. Car nul besoin n'est de présenter Äbu Ïshâq Ïbrâhîm äl-Rayyâhî dont la grandeur, la science, la bonne pratique sont plus visibles qu'un feu allumé au sommet d'une montagne. La famille des Rayyâhî fait partie des plus vielles familles traditionnelles et nobles de la métropole tunisienne, siège du khilâfat de Cheikh Ahmad äl-Tijânî dans ces contrées.

    Parmi les familles célèbres par leur mérite et leur amour de Cheikh Ahmad äl-Tijânî en Tunisie, on peut aussi citer le cercle des enfants bénis de äl-Nayfar, famille encrée dans la science; mais aussi la famille des enfants de Bayram, famille de grande noblesse.

  2. QUELQUES SAVANTS DU MAGRIB ET AU SENEGAL.

     

    Nous citons en particulier, les familles des Kanûn, des calawiyyîn, äl-mawlâ

cAbd äl-Malik äl-Darîr et äl-mawlâ cAbd äl-Salâm ïbn cUmar, des Bannaânî (dans laquelle on trouve äl-Cheikh Ahmad ïbn Ahmad Kallâ Bannânî), des Qabâh, des Abi Halâlî, des Saqâth (famille de sainteté et de vertu), des Jasûs de Rabat (famille de loyauté et de justesse), et d'autres familles qu'on ne peut dénombrer.

Toutes ces familles ont aidé à propager la voie dans toutes contrées. A l'exemple de la famille d'El Jâj Malik Sy à Dakar (Sénégal) et la famille d'El Hâj cAbdu Ällahi Niass à Kaolack (Sénégal).

Ce sont quelques des innombrables sommités scientifiques que Dieu à honorés par l'adoption de la Voie Tijânîyya.

N - LA REFUTATION DE LA VOIE TIJANI EST UNE INJUSTICE DELIBEREE.

 

Et le Qâdî Ahmad Sukayriji finit en ces termes (page 90-91):

"Chacune de ces personnalités est à la tête d'une communauté que Dieu a comblée. Quiconque chercherait en à faire des égarés court sûrement à sa perte. Le prophète Muhammad (PSL) n'a-t-il pas dit que sa communauté ne se réunira jamais sur le faux. Chercher donc à les sortir de la religion musulmane sur une simple différence de point de vue sur une question précise, ne peut être le comportement d'un croyant."

On ne peut s'empêcher de rire lorsqu'on entend certaines critiques porter la contestation à ces cheikhs prestigieux par le verset "Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion et accompli sur vous Mon bienfait. Et il M'agrée que la Soumission (l'Islam) soit votre religion…" (5:3), et déclarer qu'ils (ces cheikhs) ont pris des dieux en dehors d'Allah. Ceci est une injustice délibérée car ces guides (Que Dieu les agrée) n'ont ni permis l'interdit de Dieu, ni interdit ce que Dieu a rendu licite, que Dieu les en garde! Ils n'ont non plus rien apporté d'étranger à cette religion. Plutôt, ils se sont cramponnés à la Corde de Dieu et à la tradition du Prophète (PSL). Ils n'ont ordonné et défendu que ce Dieu et son Prophète (PSL) ont ordonné et défendu. Dieu leur a choisi leurs sympathisants parmi ses esclaves qui suivent ce qu'ils peuvent supporter de leurs enseignements. Ces disciples méritèrent ainsi le qualificatif coranique äl-dhakirîna Ällaha kathîrañ (ceux invoquent Dieu beaucoup). Beaucoup d'entre eux s'élevèrent, louange soit rendu à Dieu, au point de devenir des prédicateurs du bien

O - LA CONTESTATION SELON LA COMPREHENSION.

La contestation de Cheikh Ahmad Tijânî et ses compagnons est une marque de vantardise et d'ignorance. Äl-Kansûsî rapporte du livre de Cheikh äl-Chaca'rânî äl-jawâhiru wa äl-durar (Les bijoux et les perles) ce qui suit

"J'ai entendu mon maître (Seyyd cAli äl-khawwâç) dire:

<câma) , les spécialistes de la loi (fuqahâ), les disciples çufis, les çufis gnostiques, les çufis complets, les çufis accomplis et enfin les pôles. Chacun nie nécessairement ceux qui sont à un degré supérieur par ignorance de ces états. Celui que ne connaît que l'esprit extérieur de la loi peut contester le disciple çûfi débutant; celui-ci peut critiquer le çufi avancé qui à son tour peut suspecter le çufi gnostique. Celui-là ne peut contester personne car ayant dépassé toutes ces étapes.>>

Le maître conclut: <ca>>

P - L'ATTACHEMENT DES TIJANI AU CORAN ET A

LA SUNNA.

 

Toute personne sincère sait que Cheikh Ahmad äl-Tijânî (RA) pratiquait constamment le dhikr aux bouts du jour et en cours de nuit et conseillait ses disciples de faire de même. Si tous les actes rituels de la Tijâniyya concourent à la rémission des péchés, alors l'affirmation selon laquelle toute personne qui suit assidûment cette voie voit ses péchés effacés, n'est point étonnante.

Ce cheikh et ses compagnons sont de ceux qui pratiquent la purification par l'eau, qui accomplissent exhaustivement la prière, qui lisent le Coran (par cœur et dans le texte), qui font l'aumône, qui prient, qui font le pèlerinage, qui font la guerre sainte. Toutes choses fortement recommandées par Cheikh Ahmad äl-Tijânî, celui qui s'est anéanti en Dieu, le savant, le pieux, le dévot, celui qui s'est totalement consacré à Dieu

Q - LES TIJANI PARMI CEUX QUI INVOQUENT

DIEU BEAUCOUP (äl-dhâkirîna Ällaha kathîrañ)

Cette réponse du gnostique, jurisconsulte et voix de la Voie, cAbdu Ällah äl-Kansûsî, fait taire toute critique à ce point:

"… Ces gens (de la tarîqa Tijâniyya), par Dieu, se situent au meilleur niveau de cette communauté islamique. Louange soit rendu à Dieu : ils sont purs de toute souillure. Pourquoi n'en serait-il pas ainsi, puisqu'ils jeûnent, prient, invoquent leur Seigneur matin et soir tout en ne désirant que sa Face. Parmi eux, certains ne savourent ni les aliments ni la boisson du jour en dehors des jours de fête. D'autres ignorent le sommeil durant la nuit. Il y a parmi eux qui ne récitent pas moins dix mille fois la çalât alâ äl-nabi (prière sur le Prophète (PSL)), utilisant la Prière de l'Ouverture, entre le jour et la nuit.

R - LA TIJÂNIYYA EST UNE MALÂMATIYYA.

Äl-Kansûsî continue:

"Ils ne sont ni prétentieux, ni présomptueux; ils ne réclament aucune particularité spéciale au sein de la communauté. Chacun vaque à ses occupations journalières (travail, courses usuelles). Alors que certains parmi eux, se trouvent au plus haut sommet des états mystiques véridiques, états acquis et non obtenus par des prédispositions particulières ou naturelles. Nul doute qu'ils font partie des sommités de la malâmatiyya dont le chef de file est Abu Bakr, äl-çiddîqu äl-äkbar (RA)

S - LES INVOCATIONS DE LA TIJANIYYA NE SONT

PAS UNE INNOVATION.

Les litanies (äl-äwrâd) de cette voie sont celles du Prophète (PSL). Ceux qui s'y adonnent ont eu la confirmation de leur utilité. Nulle utilité n'est plus grande auprès du musulman véridique que la constance dans l'invocation de Dieu et la prédication vers la religion de l'Islâm par la parole et par l'acte. Quant à nous, nous déclarons infidèle aucun musulman. Car, déclarer infidèle un musulman qui prie, est une position intenable. Par contre, celui qui s'en prend à nous injustement et nous déclare infidèle, nous en ferons aussi un infidèle. Cette position se fonde sur la parole du Prophète (PSL) qui dit: "Si quelqu'un déclare une personne comme un infidèle, alors l'un d'entre eux est vraiment un infidèle".

En réalité, lorsqu'un étudiant s'assoie devant un maître et lui demande de l'enseigner et que ce dernier lui apprend les invocations à dire en nombre précis, après les prières canoniques, le matin, le soir, après les ablutions, au moment du sommeil, après la prière de witr, lors des tawâf (tours de la KABA) par exemple, l'élève ne fait point acte d'innovation dans la religion; le maître non plus.

T - LES LITANIES DE LA TIJANIYYA SONT

MUHAMMADIENNES.

Le savantissime Abu Bakr äl-Daymânî äl-chinguîtî dit:

Est-ce une idolâtrie si un serviteur déclare

Sincèrement qu'il n y a de divinité qu'Allah

S'il sollicite le repentir par le ïstighfâr, il espère bien

la rémission des fautes qu'il a commises

Ô homme, si ceci est une idolâtrie, alors soyez idolâtres,

vous aurez certainement une fin bénie et heureuse.

Même si c'est Satan qui aurait recommandé ces invocations, leur pratique n'en serait pas moins licite car, selon le Hadith, "Il arrive que le menteur te dise la vérité". Qu'en est-il alors si elles sont recommandées par un saint parmi les amis de Dieu et si elles sont les invocations du Prophètes (PSL). En se tolérant mutuellement, les gens se sont affiliés qui au Cheikh cAbdu äl-Qâdir äl-Jîlânî, qui au Cheikh Abi äl-Hassan äl-Châdhilî, qui au Cheikh Ahmad äl-Tijânî. Tout revient au même: les invocations sont celles du Prophètes (PSL) et il s'agit de rappel de Dieu et non de rappel d'un autre.

 

U - LES LITANIES DE LA TIJANIYYA TIREES DE LA

SUNNA DU PROPHETE (PSL).

Nous terminons cette lettre par le rappel des invocations qui concourent à la rémission des péchés, afin que ne se perde que celui qui veut se perdre en toute connaissance et que se sauve celui qui le veut bien.

Dans son livre äl-tabaqâtu äl-châficiyyatu äl-kubrâ , Tâju äl-Dîni äl-Sabkî, dit :

LES 3 ETAPES DE L ISLAM ( SUITE)

18/06/2008 18:31 par emeu

  • LES 3 ETAPES DE L ISLAM ( SUITE)

    LES 3 ETAPES DE L ISLAM ( SUITE)

    18/06/2008 18:31 par emeu

C - LES TROIS ADORATIONS.

A la question : Que sont le cîbâda , le cabûdiyya et le cabûda, le Cheikh répondit:

Le cîbâda est l'adoration de l'esclave destine à Dieu.

[L'adorateur de ce niveau s'appelle mutacabbid, celui qui s'adonne à l'adoration]

Le cabûdiyya est l'adoration que l'esclave accompli par Dieu.

[L'adorateur de ce niveau s'appelle câbid, ce qui essaie de réaliser l'adoration]

Le cabûda est l'adoration que l'esclave accomplit dans Dieu.

[L'adoration de ce niveau s'appelle äl-cabd, le gnostique]

Ou encore

Le cîbâda est la pratique de la loi extérieure (charîca)

Le cabûdiyya est le cheminement dans la Voie (suluuku äl-tarîqa)

Le cabûda est la contemplation de la Réalité.

Ou encore

Le cîbâda est l'œuvre du voilé.

Le cabûdiyya est l'œuvre de l'aspirant.

Le cabûda est l'œuvre du gnostique.

Ou encore

Le cîbâda est l'acte des gens de droite. (hâb äl-yamîn)

Le cabûdiyya est l'acte des rapprochés (äl-muqarrabîn).

Le cabûda est la station de ceux qui l'emportent (äl-sâbiqîn) (56:1-16).

Ou encore

Le cîbâda est l'œuvre de celui qui se manque à lui même.

Le cabûdiyya est l'œuvre du modéré.

Le cabûda est l'œuvre de celui: qui l'emporte au concours du bien. (35:32)

Ou encore

Le cîbâda est l'adoration du savant.

Le cabûdiyya est l'adoration du saint vertueux.

Le cabûda est l'adoration du gnostique.

Ou encore

 

Le cîbâda est la station de : C'est Toi que nous adorons (1:4)

Le cabûdiyya est la station de: C'est Toi dont nous implorons le

secours (1:1)

Le cabûda est la station de l'effacement dans le témoignage de

la réalité; la vérité se montre à elle même sans

dhikr.

Ou encore

Le cîbâda est l'œuvre des membres extérieures (jawârih)

Le cabûdiyya est l'œuvre du cœur (qalb)

Le cabûda est l'œuvre de l'esprit (h)

On peut aussi dire :

Le mutacabbid est un lauréat dont la récompense est le paradis

Le câbid est favorisé particulièrement par sa promiscuité de Dieu.

Le cabd reçoit un satisfecit, l'agrément, [âme satisfaite] et ses cadeaux sont le taçrîf [la disposition ] et le khilâfa [l'Intendance de Dieu sur la créature].

Le gnostique, l'Imam äl-buçayrî, a dit, à propos de son maître Abu äl-cabbas äl-marsî :

Dis à celui qui essaie de se rapprocher de sa station

Que le mutacabbid n'est pas comme le cabd.

On peut aussi dire que

 

Le cîbâda est le droit de la ülûhiyya

Le cabûdiyya est le droit de la wahda

Le cabûda est le droit de la ähadiyya

Le prophète (PSL) fait référence à cette dernière station dans le hadith:

<<Ni Ma terre ni Mon ciel ne me peuvent me contenir; mais le cœur de mon esclave (cabdî) croyant peut me contenir>>.

Quand la cabûda est sincère, la ähadiyya s'y manifeste et Elle devient elle et elle devient Elle. La khilâfa devient possible et le cabd devient l'Esclave de l'Essence (cbdu äl-zât) et la louange de l'Essence (hamdu äl-zât). Il devient <<très prévaricateur, très ignorant>> (33:72)

Retenons les rennes de la plume, par politesse avec l'Enceinte Scellée, … [de peur de dévoiler ce qui est réservé aux initiés!]

Quant la question sur le cilmu äl-yaqîn (science certaine ou science de la certitude) , le caynu äl-yaqîn (La vision certitude) et le haqqu äl-yaqîn (l'expérience vécue de la certitude), je dirais:

La science certaine (cilmu äl-yaqîn) est la foi de l'esclave voilé (mahjûb) que Dieu est unique dans Son Essence, dans Ses Attributs et dans Ses Actes.

La vision certaine (caynu äl-yaqîn) est la foi du serviteur qui est immergé dans la contemplation (muchâhada) que Dieu est unique, qu'il ne subsiste rien avec Lui, mais qui a encore le sentiment de son extinction.

L'expérience de la certitude (haqqu äl-yaqîn) est la perdition totale du serviteur (äl-cabd) dans l'Existence Absolue, de sorte qu'il ne lui reste aucune sensation, ni de lui-même ni de son anéantissement.

La science certaine (cilmu äl-yaqîn) est l'anéantissement du serviteur dans les Actes de Dieu.

La vision certaine (caynu äl-yaqîn) est l'anéantissement du serviteur dans les Attributs de Dieu, ou dans Son Essence mais avec le sentiment de son anéantissement.

L'expérience de la certitude (haqqu äl-yaqîn) est l'anéantissement dans son anéantissement.

La science certaine (cilmu äl-yaqîn) est la foi du serviteur ordinaire (äl-cawwâma) derrière les voiles.

La vision certaine (caynu äl-yaqîn) est la vision du serviteur de la réalité de l'unicité de Dieu avant son anéantissement total. Dieu dit à cet effet <<Puis vous le verrez avec l'œil de la certitude>> (102:7).

Dieu dit [aussi] : <<Alors, hôtel dans une eau bouillante, et précipitation dans l'enfer-Jahîm. Oui, la vraie certitude, c'est cela.>> (56:93-95).

Dieu décrit la vision [de l'enfer] par le terme caynu äl-yaqîn et la combustion dans l'enfer par haqqu äl-yaqîn. Il s'en suit que le cilmu äl-yaqîn est la station des ordinaires, que le caynu äl-yaqîn est la station des particuliers et que le haqqu äl-yaqîn est la station des élus parmi les particuliers.

Tu pourras aussi simplement dire que le cilmu äl-yaqîn est la station de l'Ïslâm, que le caynu äl-yaqîn est la station de l'Ïmân, et que le haqqu äl-yaqîn est la station de l'Ïhsân <<Quoi ! y a-t-il autre salaire à la bienfaisance [Ihsân], que la bienfaisance>>(55:60)

En résumé, quand le serviteur, s'anéantit dans les Actes Divins, c'est-à-dire, sait avec certitude qu'il n'y a d'autre Acteur en dehors de Dieu, il connaît de science certaine (cilmu äl-yaqîn).

Quand le serviteur, s'anéantit dans les Attributs Divins, c'est-à-dire, sait avec certitude qu'il n'y ni vivant ni aspirant ni entendant ni voyant ni parlant en dehors de Dieu, il accède à ce moment à vision de la certitude (caynu äl-yaqîn).

Enfin quand il sait que <<Il n 'y a …>>, il a déjà accédé au haqqu äl-yaqîn

Dans le secret, il existe des secrets subtils et fins

Pour lesquels notre sang serait versé si nous les dévoilions

O que de secrets substantiels, si je les dévoilais

On me confondrait avec les adorateurs de faux-dieux

Des musulmans verraient juste l'écoulement de mon sang

Et verraient le plus ignoble de leur acte comme bon.

Je finis ici ma réponse condensée à cause du manque de temps et des nombreuses occupations. Seul Dieu sait!

Cheikh Ibrahim NIASS, Le Maître de l' INITIATION: al Tarbiyya

17/06/2008 16:28 par emeu

  • Cheikh Ibrahim NIASS, Le Maître de l' INITIATION: al Tarbiyya

    Cheikh Ibrahim NIASS, Le Maître de l' INITIATION: al Tarbiyya

    17/06/2008 16:28 par emeu

(Maqâmât, Manâzil, Hadarât)

 Une traduction de deux lettres de

CHEIKH AL ISLAM

IBRÂHÎM NIASS

(1900 - 1975)

Nous avons le plaisir de vous présenter une tentative de traduction de deux lettres de Cheikh Ibrahîm Niass sur la classification des stations de la religion.

Il faut d'abord dire que ces lettres ont été toutes deux envoyées au disciple du Cheikh cUmar ibn Malick et publiées dans l'ouvrage "Ziyâdatu äl-Jawâhir" largement disponible aux auprès des disciples (page 44 et page 50). Elles ont été écrites en 1350 H. Cheikh Ibrâhîm avait 30 ans. Ceci dénote déjà de la précocité gnostique de l'auteur.

Cheikh cUmar ibn Malick fait partie des disciples les plus avancés, une lecture de l'ouvrage cité le montre amplement. Cela veut explique le sens condensé des lettres. Souvent l'auteur se contente d'indiquer, le récepteur devant pouvoir comprendre par rapport à ce qu'il a déjà acquis.

D'une manière générale, l'ouvrage sera très utile aux disciples déjà initiés par l'acquisition d'un vocabulaire expressif de ce qu'ils savent, acquis par expérience.

Il sera aussi utile aux non initiés par, je l'espère, l'acquisition d'un désir plus grand d'un éveil mystique pour accéder à certaines stations décrites ici.

Car, il ne s'agit pas ici d'une simple gymnastique intellectuelle sur les concepts çûfis. Pour mieux expliquer cela, nous dirons quelques mots sur l'auteur, mots que nous restreindrons dans le champ de cet ouvrage; car l'auteur est multidimensionnel : parler sur lui nous ferait dévier de l'objet de cette présentation.

Cheikh Ibrahîm Niass, le maître de l'Initiation (äl-tarbiyya)

Ce qui a le plus caractérisé le Cheikh dans sa vie, est l'initiation mystique qu'il donnait à tout musulman qui le désirait, dans ses fiefs tels que Médina Baye (Sénégal), Kano (Nigéria), Kumasi (Ghana), etc. Sa communauté est d'ailleurs connue comme celle de la tarbiyya (initiation). Malgré ses multiples facettes (littéraire, enseignant à temps plein, commentateur de coran, panégyriste du Prophète (PSL), membre d'organisations internationales islamiques, défenseur de toutes causes islamiques, cultivateur, etc.), il accordait la plus grande importance à cette tarbiyya, qu'il considérait à juste titre, comme tous les çufi, comme le joyau de la religion et des sciences.

Le çufisme, dans l'assemblée de ses disciples, n'est donc pas une théorie. Il s'agit d'une pratique comportant deux parties:

  1. Le cheminement (äl-suluuk).

    Le disciple doit s'attacher à un maître attitré et déclarer sa volonté d'accéder à

    La maca°rifa (gnose). Le maître lui donnera les dhikr et le guidera.

  2. La marche (äl-sayru).

Une fois que le disciple a atteint ses premières ouvertures, ou l'Ouverture, äl-fath, obligation lui est faite de perdurer dans la marche (du cœur) par le vécu dans la contemplation. A ce niveau, la conversation avec des initiés, la lecture du Coran, la lecture d'ouvrages çufis écrits par des gnostiques, sont pour lui des sources de connaissances mystiques certaines, parce qu'il les assimile parfaitement. Souvent ces propos sont de simples indications qu'il captera au vu de son capital expérience. Un poète çufi a dit:

Qu'il te suffise d'indications sur cette Beauté [Jamâl]

Et laisse la, protégée par le voile de la Majesté.

Fasatakfyka min dhâlika äl-jamali ichâratuñ

Wa daca°hu masûnäñ bi äl-jalâli muhajjabäñ

Il s'agit là du vécu du disciple dans la subsistance dans l'Absolu (Baqà) après l'anéantissement (äl-fanà) que constitue l'Ouverture.

Cheikh Ibrahim a dit, dans son ouvrage, äl-dawâwîn äl-sitti [Recueil de poèmes panégyriques à l'égard Prophète (PSL)] : (page 113, versets 4-8 de la page)

J'ai protégé mes disciples dans la Voie contre les peines

Et tous, par l'anéantissement, ont accédé à leur désir

Et les pôles, avant moi, n'ont reçu de semblable à

ce qu'a reçu ce serviteur de fayd, brillant de lumière

Je remercie Dieu en ce que mon secret (sirr) ne soit pas stérile

Mon plus petit disciple a obtenu l'anéantissement.

Et ceci par mon amour du Prophète et de son secret

J'ai gagné le drapeau par mes éloges en sa faveur

L'Amour du Prophète est l'élixir de ce serviteur

Mon trésor consiste à lui adresser des louanges

Il dit ailleurs (page 108, verset numéro 12 de la page)

Mes lignes à l'égard des créatures sontt une félicité

Quiconque me voit -et mes écritures - ne peut être damné

aïnna khutûtî lil-aänâmi sacadatuñ

fa lam yaqcha yawmañ man raaânî wa khattiyya

Cheikh Ibrahîm nous informe dans ses lignes qu'il est possesseur de la science gnostique et qu'il en est l'Initiateur. Le plus important, c'est qu'il assure que son secret ne mourra pas car il n'est pas stérile (laysa sirrî câqirañ). Jusqu'à la fin des temps, ses initiés seront des initiateurs et le secret divin, le seul capable de provoquer l'anéantissement (äl-jazb ou äl-fanà), sera transmis, par la voie de ses héritiers spirituels, en tout lieu géographique.

Cheikh Ibrâhîm est décédé en 1975. Mais depuis, la tarbiyya est toujours vivante et se répand à tous les continents conformément à la prédiction du maître : << Cette profusion se répandra à tous les horizons par la puissance de Dieu et par son décret>> (Jawâhir äl-rasâyïl, page 13, édition Omar Ousmane Niass)

Les lettres du Cheikh sont adressées en général aux disciples déjà initiés avec des orientations sur cette Beauté [Jamâl].

Cependant tout musulman peut évoluer à quelque niveau qu'il se situe. La lecture d'un tel ouvrage peut, à mon sens, motiver la volonté d'évoluer et la porte est grandement ouverte.

Finissons cette introduction par quelques remarques.

Remarques importantes.

Comme d'habitude, nous donnons toujours la traduction de Muhammad Hamîdullahi des versets coraniques, toujours en gras.

Dans le corps du texte, le contenus des crochets [ ] et les notes de bas de page sont des commentaires des traducteurs.

Enfin, nous avons, autant que possible, tenté de donner des notes explicatives pour devancer les éventuelles difficultés du lecteur non habitué à ce genre de textes. Une référence constante à Eva de Vitray-Meyerovitch a été faite en ce qui concerne les traductions des termes techniques çufis.

A - LES TROIS STATIONS DE LA RELIGIONS.

Au disciple cUmar ibn Malick qui lui a posé une question sur les trois étapes (maqâmât) de la religion ïslam , de ses stations et de la réalité de ses degrés, le Cheikh répondit en ces termes:

Les trois étapes de la religion que sont la soumission ( Ïslam ), la croyance ( Ïïmân) et l' embellissement ( Ïhsân) sont résumées dans la déclaration d'unicité de Dieu: Il n'y a point de divinité en dehors d'Allah, dont la version arabe est : lâ ïlâha ïllâ ällah.

L'Ïslâm est l'énoncé de la déclaration d'unicité de Dieu.

L'Ïmân est la connaissance de la déclaration d'unicité de Dieu.

L' Ïhsân est la réalisations et l'achèvement des implications de la

déclaration d'unicité de Dieu. Ce dernier consiste aussi à dire le mot : <<Allah>>, par l'énonciation et par le vécu mystique.

On peut aussi que la parole noble - lâ ïlâha ïllâ ällah - est aussi la parole du repentir, de la crainte révérencielle, de la sincérité, de l'unicité et de la pureté. Elle possède trois niveaux :

  1. L'Islam qui consiste en la réalisation des exigences de la parole noble dans monde du nâsût.

  2. L'Imân qui est la connaissance de la parole.

  3. L'embellissement qui est résumé dans le seul mot : Allah.

En résumé, les trois étapes sont contenues dans la parole pure

mais elles sont distinctes.

Chacune de ces étapes possède à son tour trois degrés. Chaque degré, à son tour, est vécu à trois niveaux :

Le niveau général (câm au singulier et cawwâm au pluriel ) qui est le niveau du musulman ordinaire.

Le niveau avancé ou particulier (khâç au singulier et khawwâç au pluriel)

Le niveau très avancé ou niveau des particuliers parmi les particuliers (khâçatu äl-khâç)

A - Degrés de l'Islam.

L'Islam a trois degrés : le repentir, la droiture et la crainte révérencielle.

  1. Le repentir (äl-tawba).

    Il se réalise par la reconnaissance des faveurs de Dieu envers soi et le remerciement conséquent. Le meilleur remerciement pour ces faveurs consiste à les utiliser d'une façon qui plaise à Dieu, le Bienfaiteur. Selon les savants çûfî, il s'agit d'abandonner les mauvais caractères au profit des bons.

    Je dis que le mauvais caractère chez le câm est l'abandon des obligations divines et la pratique des choses illicites. Chez le khâç, il s'agit de l'abandon des pratiques recommandées et la pratique des choses réprouvées. Chez le khâçatu äl-khâç, il s'agit du moindre éloignement de l'Enceinte scellée de Dieu ( äl-hadaratu äl-qudsiyya). Ce dernier repentir est le vrai repentir car dans sa réalité, il s'agit de tuer l'âme charnelle selon le verset coranique (2:54) <<… Repentez-vous à votre Créateur ; puis, donnez-vous la mort à vous mêmes…>>

    A cette étape, on ne doit pas voir l'âme charnelle. Non plus, on ne peut posséder ni acte ni état mystique ni station. Le repentir devient le repentir du repentir (äl-tawbatu cani äl-tawba) . En effet Dieu a dit : << Oui, Dieu aime ceux qui bien se repentent..>> (2:222), c'est-à-dire, ceux qui se repentent du repentir.

  2. La droiture (äl-ïstiqâma)

Elle consiste à emprunter la voie droite (äl-çirâtu äl-mustaqîm) selon les dix normes que Dieu a définies dans la sourate 6 du coran :"Les bestiaux" (äl-äncâm) Il dit en effet (6:151-152-153):

" Dis:<<Venez, je vais vous réciter ce que votre Seigneur vous a interdit ;

  • ceci : Ne Lui associez quoi que ce soit ;

  • Soyez cependant bienfaisants envers les père et mère !

  • Et ne tuez point vos enfants pour une pénurie de vivres : La nourriture, Nous l'attribuons à vous tout comme à eux.

  • Et n'approchez pas des turpitudes, tant de ce qui paraît que de ce qui s'en cache.

  • Et sauf en droit, ne tuez personne que Dieu ait défendu; - voilà que Dieu vous enjoint ; peut-être comprendrez-vous.

  • Et n'approchez, que pour le mieux, des biens de l'orphelin, jusqu'à ce qu'il ait atteint ses pleines forces.

  • Et remplissez la mesure

  • et le poids en toute justice, - Nous n'imposons personne que selon sa capacité.

  • Et quand vous parlez, alors soyez équitables, même s'il s'agit d'un proche parent.

  • Et remplissez le pacte de Dieu

Voilà ce qu'Il vous enjoint.<Peut-être vous rappellerez-vous?

Et voilà en toute droiture Mon chemin : suivez-le donc ; et ne suivez pas les sentiers ; ils vous détacheront de Son sentier…>> "

 

Par voie droite, on comprend donc le respect de ces dix préceptes. Ceci constitue la ïstiqâma des câwwâm.

Pour le khâç, la ïstiqama est le Prophète Muhammad (PSL) en personne. Elle consiste donc dans l'extinction (äl-fanà) dans l'amour du Prophète (PSL), l'héritage de ses belles qualités, extérieures et intérieures, son rappel, l'expression de çalât sur lui et d'invocations en sa faveur dans chaque souffle de vie.

Pour le khâçatu äl-khâç, il s'agit de se départir du moindre caractère ou de la moindre habitude réprouvable. Dieu a dit en effet : <<Oui, ceux qui disent : <<Notre Seigneur est Dieu, et qui s'y tiennent…>> (41:30).

  1. La crainte révérencielle (äl-taqwa).

 

Elle consiste à exécuter les ordres divins : les devoirs et les interdits, extérieurement et intérieurement, dans les assemblées ou dans la solitude. Elle est plus générale que la ïstiqâma. Car, en fait, les devoirs englobent l'obligatoire (äl-farîda) et le recommandé (äl-maca°rûf) tandis que l'interdit englobe l'interdiction absolue (äl-harâm) et le réprouvé (äl-makrûh) . La ïstiqâma concerne l'obligatoire et l'interdit absolu cependant que la taqwâ considère toutes les catégories citées précédemment. Ceci est la taqwa des cawwâm selon le verset coranique << Craignez Dieu, donc, tant que vous pouvez…>> (64:16).

Chez le khâç, il s'agit se rappeler de Dieu à tout moment, de le remercier à tout instant et de lui obéir en toute circonstance selon l'ordre de Dieu

<< Craignez Dieu comme il se doit craindre…>> (3:102).

Chez le khâçatu äl-khâç, la taqwâ est l'absence de tout autre que Dieu dans la pensée, ne serait ce qu'un laps de temps. Le gnostique (äl-cârif bi ällah)

Et si la moindre sollicitude envers un autre me vient

à l'esprit, par inadvertance, alors je dois être éconduit.

Seul le pôle singulier rassembleur (äl-qutbu äl-fardu äl-jâmicu) peut réaliser cet état mystique de manière constante, en état de veille ou de sommeil. Le cârif bi ällah peut vivre cette station mais de manière non régulière. Dieu décrit cette taqwa en disant : <<Dieu aime vraiment les pieux>> (9:4) ; ici les pieux (muttaqîn) étant ceux qui atteignent la taqwâ.

B - Degrés de la foi (äl-ïïmân)

L'ïïmân a trois degrés : la véridicité, la sincérité et l'apaisement.

  1. La véridicité (äl-çidqu)

    La véridicité est la pratique de la bienfaisance (äl-birru), la

    recherche du visage de Dieu (de l'agrément de Dieu) selon le verset:

    <<Ce n'est pas charité [bienfaisance] que de tourner vos visages vers l'Orient ou l'Occident. Mais c'est charité, oui, que de croire en Dieu et au Jour dernier, aux anges, au Livre et aux prophètes, de donner son avoir, pour l'amour de Dieu, aux proches, aux orphelins, aux pauvres, à l'enfant de la route et aux mendiants, et pour délier les jougs, et d'établir l'Office et d'acquitter l'impôt. Et ceux qui remplissent leurs pactes lorsqu'ils en ont fait, ceux qui sont endurants dans l'adversité, la détresse, et lors de la guerre, les voilà les véridiques …>> (2:177).

    Il s'agit là de la véridicité des cawwâm. Celle des khâwwâç se réalise dans l'amour de l'Essence Supérieure dont l'accès [pour ne pas dire le branchement] à elle est l'ultime désir, plus fort chez lui que tout autre désir. De sorte aussi que Son nom, Sa parole, Son agrément sont plus agréables chez lui que tout nom, toute parole et tout agrément. En effet, Dieu dit : <<… et soyez avec les véridiques …>> (9:119)

    La pensée ne peut aimer ce que Dieu n'aime pas et il ne peut souhaiter l'existence de ce dont Dieu ne veut point l'existence, même par la pensée (äl-khâtir). Voilà la grâce de Dieu, qu'il apporte à qui il veut… Dieu, cependant est le Détenteur de l'énorme grâce. (62:4)

    Pour les khâçatu äl-khâç, la reconnaissance et l'authentification de tout ce que l'Enceinte de la Prophétie (hadaratu äl-nubuwwa) reçoit de l'Enceinte Divine (äl-ülûhiyya) de science, d'état mystique, de secret (sirr), de convenances, de droit, de devoirs, etc. Celui qui atteint ce niveau a déjà réalisé la forme supérieure de la véridicité.

    2) La sincérité (äl-ïkhlâç)

    Il s'agit d'appliquer l'ensemble des recommandations pour le noble visage de Dieu et de s'éloigner de l'ensemble des choses interdites. En conséquence, toute forme d'ostentation , tout désir d'étonner son prochain, de se faire voir ou entendre est répréhensible pour ce niveau de sincérité, qui est celle des cawwâm.

    Chez le khâç, il s'agit d'appliquer les recommandations et d'éviter les choses interdites, sans le souci de la moindre récompense, de la moindre punition, du moindre souci d'atteindre une position parmi les positions de la sainteté; mais dans l'amour, par la cabûdiyya. Celle-ci est par, définition, l'adoration de Dieu, en dehors de toute raison, si ce n'est que Dieu est Dieu et qu'il a droit à être adoré! Et que toi (l'aspirant à cet état), tu es esclave et par voie de conséquence, tu dois servir. Tu ne dois par conséquence t'attendre à rien de sa part. Bien plus, ce travail que tu fais pour lui est une faveur qui t'est faite de Sa part.

    Pour les khâçatu äl-khâç, il s'agit d'exclure, dans le rapport d'adoration avec Dieu, tout autre que Dieu, jusqu'à s'exclure soi-même. De sorte, l'adoration vienne de Dieu, soit pour Dieu, et se fasse par Dieu. L'esclave n'a ni entrée ni sortie dans cette adoration.

  2. L'apaisement ou la tranquillité (äl-tumânîna).

Il s'agit là de l'apaisement du cœur par Dieu, en se suffisant de Lui, par la conviction en Dieu. De sorte que le cœur ne se retourne point vers quoi que ce soit d'utile ou de nuisible, mais plutôt, se soumet totalement à Dieu en disant:

"O Dieu, Tu es mon soutien…", [Ällahumma, calayka mucawwalî]. Ceci est l'apaisement du khâç., les cawwâm n'ayant aucun accès à cet état.

Chez le khâçatu äl-khâç, l'apaisement est réalisé dans leur certitude que rien en dehors de Dieu n'existe. Il ne se réside que dans Dieu et ne retourne que vers Dieu. Il lui est adressé la parole en ces termes : << O âme tranquillisée, retourne vers ton Seigneur, agréante, agréée; entre donc parmi Mes Esclaves et entre dans Mon paradis !>> (89: 27-30).

C - L'EMBELISSEMENT.

  1. L'observation (äl-murâqaba)

    Elle réalise avec la permanence de la ferme conviction de

    compagnie permanente de Dieu et de Sa connaissance de la moindre portion de l'esclave,

    de sorte que ce sentiment ne le quitte point. Ceci est possible lorsque le possesseur de cet état mystique lit la réalité intrinsèque des choses au delà des voiles . Et qu'il comprend les choses au double plan de la logique et du goût. On pourrait croire que les paroles de cet homme sont celles d'un homme accompli, arrivé dans l'enceinte scellée de Dieu (äl-hadaratu äl-qudsiyya). Il n'en est rien. Car cet homme lit la réalité encore à travers des voiles, certes très fins, mais quand même à travers des voiles. Il reçoit les sciences par la compréhension (fahm) et le goût, (zawq), c'est-à-dire l'expérience.

    Cette murâqaba avant l'étape de la contemplation (äl-muchâhada), est celle du khâç.

    Celle du khâçatu äl-khâç a lieu après la muchahada. Elle est le produit de la maca°rifa, la connaissance de Dieu ou la gnose.

  2. La contemplation (äl-muchahada).

Il s'agit de la vision de la Vérité (äl-haqq) par la Vérité, de vraie vision, sans aucun doute, sans hésitation et sans fausse impression. De sorte qu'il ne reste que le haqq par le haqq dans le haqq. Tant qu'il reste un iota de l'existence (äl-wujuud) de l'esclave, c'est-à-dire, tant qu'il n'est pas totalement éteint dans la vérité, alors il n'a pas encore atteint la muchahada. Il doit se nier soi-même, nier les autres, nier même la notion de l'autre, de sorte qu'il ne reste que Lui, et son soi profond (lisânu äl-hâl):

Jusqu'à ce qu'il ne reste que Dieu, rien d'autre,

Même pas ni contecté ni d'évidence

[falam yabqa ïlla Ällahu, lâ chay-ä ghayrahu

famâ thamma mawçûluñ wa lâ thamma bâyïnuñ]

 

Pas de nom, pas d'attribut, pas de représentation, pas de frontière, pas de comment, pas de limitation, pas d'unification, pas de direction, pas de face-à-face, pas de commencement, pas de fin, pas de jonction, pas de séparation, pas d'invocations (dhikr), pas d'invoqueur (dhâkir), pas d'invoqué (madhkûr). C'est l'état décrit par le verset

<<le droit (la vérité) est venu et le faux s'en est allé. Oui, le faux c'est qui s'en va>> (17:81).

Cette étape est la première étape de l'Ouverture (äl- fath). Tout ce qui est antérieur n'est pas fath. C'est la porte de la maca°rifa mais ne constitue pas la maca°rifa car tout gnostique (possédant la maca°rifa) est maftûh calayhi (possédant l'Ouverture) mais le contraire n'est pas vrai.

La gnose est la dernière étape de la religion et tandis que le repentir en la première

3) La Connaissance de Dieu - la gnose (äl-maca°rifa)

Il s'agit là de l'enracinement et l'installation dans la station de

 

la contemplation (hadaratu äl-muchahada), dans l'extinction (äl-

fanà) totale mais dans la subsistance dans l'Absolu (äl-baqà), dans Dieu.

 

Chez les çufi, le gnostique est celui qui voit Dieu dans toute

chose et qui contemple la Vérité dans toute chose.

Le gnostique, chez moi, est celui qui s'est éteint dans l'Essence Divine (äl-zât) une fois, dans l'Attribut Divin deux ou trois fois, dans Le Nom Divin une fois, qui authentifie l'Existence (äl-wujûd) par les trois Vérités Essentielles, le Nom par le Nom.

C'est une étape très difficile à atteindre, [au sens figuré : qu'on atteindrait que par le broiement du foie] . On ne l'obtient point contre l'argent ou les enfants.

Le gnostique est en éveil total dans Dieu. Parce qu'il accepte, sans contrainte aucune, le jugement par les règles divines et qu'il accepte de la même manière le déroulement des destins, il gagne le grade de s'adresser lui même la parole en ces termes: (89:29-30)

<< Entre donc parmi les esclaves et entre donc dans Mon paradis>>

La maca°rifa (la gnose) est donc la dernière étape de la religion tandis que le tawba (le repentir) en est la première. Cependant, la tawba est meilleure que la maca°rifa du fait qu'elle en est la cause et le générateur [de la gnose]. Bien plus, la vraie tawba est le non repentir (cadamu äl-tawba), l'absence du repentir. Ceci ne peut s'atteindre que dans la maca°rifa.

A cet effet, notre maître, le Sceau, Cheikh Ahmad äl-Tijâni (RA), a dit:

<<Par Dieu, en dehors de Qui point de Divinité, je n'ai pas atteint la station du repentir>>. Ceci veut dire qu'il se repent de se voir se repentir car, le repentir pour soi est la preuve qu'on n'a encore atteint la station véridique du repentir.

Voici, en résumé, le commentaire des étapes de la religion. Si je devais les développer, je serais obligé d'en faire un ouvrage. En résumé, les trois étapes sont l'Islâm, l'Imân et le Ihsân.

L'Ïslâm est : Il n ' y a de Divinité qu'Ällah

L'Ïmân est : <<Sache en vérité, point de Dieu que Dieu Lui-même…>>(47:18)

L'Ïhsân est : <<Dis: Allah!>> (6:91)

Et <<Ces exemples-là, Nous les frappons pour les gens; ne le comprennent pas que ceux savent.>>. (29:43)

En tout cela fait neuf étapes. Si tu médites sur ce qui précèdes, tu verras que ceci correspond aux haqâyïq (Réalités) et font penser aux hadarât (Enceintes). En fait c'est la même chose.

Car si tu accèdes à l'Enceinte scellée de Dieu (äl-hadaratu äl-äziliyya), tu réalises ton désir De Dieu, du Prophète de Dieu, et du Cheikh.

Car si tu accèdes à Réalité Muhammadienne (äl-haqîqatu äl-muhammadiyya), tu réalises ton désir de Dieu, du Prophète de Dieu, et du Cheikh.

Car si tu accèdes à Réalité Ahmadienne (äl-haqîqatu äl-ahmadiyya), tu réalises ton désir De Dieu, du Prophète de Dieu, et du Cheikh.

Les hadarât devinrent ainsi neuf. L'Ïslâm est l'Enceinte du Cheikh (hadaratu äl-chaykh), l'Ïmân est l'Enceinte du Prophète (PSL) (hadaratu äl-rasûl) et l'Ïhsân est l'Enceinte de Dieu (hadaratu Ällah).

<<Et que le terme, en vérité, est vers ton seigneur>> (53:42)

[Ensuite l'auteur reprécise les neuf degrés ci-dessus dans un chapitre que nous intitulons:]

B- LA REALITE DES NEUF DEGRES DE LA

RELIGION.

[Dans la liste ci dessus, la réalité de chaque station est donnée et un verset coranique qui la sous-tend.]

1) Le repentir (äl-tawba)

Sa Réalité est: Le repentir du repentir (äl- tawbatu cani äl-tawba).

<<Le miséricordieux, en vérité, c'est Dieu>> (9:104)

  1. La droiture (äl-ïstiqâma).

    Sa réalité est: L subsistance dans l'Absolu (äl-baqà) après l'Extinction (ou mort mystique ou anéantissemen) (äl-fanà).

    <<Dieu, en vérité, ordonne ce qu'il veut>> (5:1)

  2. La crainte révérencielle (äl-taqwa).

    Sa réalité est: Ne jamais penser, en aucun moment, à un autre [que Dieu].

    <<C'est qu'en vérité Dieu est, Lui, la Vérité>> (22:62)

  3. La véridicité (äl-çidqu).

    Sa réalité est : L'unicité de la irection [de sa face].

    <<Tout est pour périr sauf son visage>> (28:88)

  4. La sincérité (äl-ïkhlâç)

    Sa réalité est: Que tu ne considères point tes actes ni provenant de toi, ni ne t'appartenant pas ni ne t'étant destinés.

    <<Le chemin de Dieu à Qui tout ce qui est dans les cieux et tout ce qui est sur la terre - [en tant que tout en Lui(45-13) ]-. N'est-ce pas vers Dieu que vont les commandements>> (42:53).<<A Lui la royauté et à Lui la louange>>(64:1).

  5. L'apaisement ou la tranquillité (äl-tumânîna).

    Sa réalité est : Que tu ne souhaites ni la cessation de l'existant ni l'avènement de ce qui n'existe pas encore.

    <<Dieu sait, oui, tandis que vous ne savez pas>> (16:64)

  6. L'observation (äl-murâqaba).

    Sa réalité est : L'attache permanente du cœur à Dieu.

    <<Certes oui, ton Seigneur demeure aux aguets>>(89:14)

    <<En quelque que situation que tu te trouves, et quelle lecture que tu récites de ceci, et quelque œuvre que vous œuvriez, Nous somme témoin sur vous quand vous vous y lanciez…>>(10:61).

    <<… et Nous savons ce que son âme lui suggère. Nous sommes cependant plus près de lui que sa veine jugulaire>> (50:16)

    <<… Pas de tête-à-tête à trois, qu'Il n'y soit quatrième, ni à cinq qu'Il n'y soit sixième, ni à moins de cela ni à plus, qu'Il ne soit avec eux, où qu'ils se trouvent…>>(57:8)

  7. La contemplation (äl-muchahada).

Sa réalité est : La vision réelle de la Vérité [Dieu].

<<A Dieu l'Orient et l'Occident. Où que vous tourniez, donc, là est le visage de Dieu…>> (2:115)

9) La Connaissance de Dieu - la gnose (äl-maca°rifa)

Sa réalité : Vivre la plénitude Divine (äl-kamâlu äl-zâtî)

<<Rien qui Lui soit semblable>> (42:11).

Ici finit ce que j'ai reçu du wârid, de la provenance [de l'Enceinte scellée de Dieu ?]. Gloire à Dieu dans tous les cas. Salut et Prière sur le Prophète Muhammad, sur sa famille et sur ses compagnons.

A suivre(...)

CELUI QUI A OUVERT LES COEURS

11/06/2008 15:33 par emeu

  • CELUI QUI A OUVERT LES COEURS

    CELUI QUI A OUVERT LES COEURS

    11/06/2008 15:33 par emeu

                                          NOUROUL YAKHINE BAYE




 

Sourate 24 : La lumière (An-Nur)

 

1. Voici une Sourate que Nous avons fait descendre et que Nous avons imposée, et Nous y avons fait descendre des versets explicites afin que vous vous souveniez".
2. La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l'exécution de la loi de Dieu - si vous croyez en Dieu et au Jour dernier. Et qu'un groupe de croyants assiste à leur punition.
3. Le fornicateur n'épousera qu'une fornicatrice ou une associatrice. Et la fornicatrice ne sera épousée que par un fornicateur ou un associateur; et cela a été interdit aux croyants.
4. Et ceux qui lancent des accusations contre des femmes chastes sans produire par la suite quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups de fouet, et n'acceptez plus jamais leur témoignage. Et ceux-là sont les pervers,
5. à l'exception de ceux qui, après cela, se repentent et se réforment, car Dieu est Pardonneur et Miséricordieux.
6. Et quant à ceux qui lancent des accusations contre leurs propres épouses, sans avoir d'autres témoins qu'eux mêmes, le témoignage de l'un d'eux doit être une quadruple attestation par Dieu qu'il est du nombre des véridiques,
7. et la cinquième [attestation] est "que la malédiction de Dieu tombe sur lui s'il est du nombre des menteurs".
8. Et on ne lui infligera pas le châtiment [de la lapidation] si elle atteste quatre fois par Dieu qu'il [son mari] est certainement du nombre des menteurs,
9. et la cinquième [attestation] est que la colère de Dieu soit sur elle, s'il était du nombre des véridiques.
10. Et, n'étaient la grâce de Dieu sur vous et Sa miséricorde... ! Dieu est Grand, Accueillant au repentir et Sage !
11. Ceux qui sont venus avec la calomnies sont un groupe d'entre vous. Ne pensez pas que c'est un mal pour vous, mais plutòt, c'est un bien pour vous. A chacun d'eux ce qu'il s'est acquis comme pêché. Celui d'entre eux qui s'est chargé de la plus grande part aura un énorme châtiment.
12. Pourquoi, lorsque vous l'avez entendue [cette calomnie], les croyants et les croyantes n'ont-ils pas, en eux-mêmes, conjecturé favorablement, et n'ont-ils pas dit : "C'est une calomnie évidente ?"
13. Pourquoi n'ont-ils pas produit [à l'appui de leurs accusations] quatre témoins ? S'ils ne produisent pas de témoins, alors ce sont eux, auprès de Dieu, les menteurs.
14. N'eussent-été la grâce de Dieu sur vous et Sa miséricorde ici-bas comme dans l'au-delà, un énorme châtiment vous aurait touchés pour cette (calomnie) dans laquelle vous vous êtes lancés,
15. quand vous colportiez la nouvelle avec vos langues et disiez de vos bouches ce dont vous n'aviez aucun savoir; et vous le comptiez comme insignifiant alors qu'auprès de Dieu cela est énorme.
16. Et pourquoi, lorsque vous l'entendiez, ne disiez-vous pas : "Nous ne devons pas en parler. Gloire à Toi (ò Dieu) ! C'est une énorme calomnie" ?
17. Dieu vous exhorte à ne plus jamais revenir à une chose pareille si vous êtes croyants.
18. Dieu vous expose clairement les versets et Dieu est Omniscient et Sage.
19. Ceux qui aiment que la turpitude se propage parmi les croyants auront un châtiment douloureux, ici-bas comme dans l'au-delà. Dieu sait, et vous, vous ne savez pas.
20. Et n'eussent été la grâce de Dieu sur vous et Sa miséricorde et (n'eût été) que Dieu est Compatissant et Miséricordieux...

Hizb n°36

21. Ô vous qui avez cru ! Ne suivez pas les pas du Diable. Quiconque suit les pas du Diable, [sachez que] celui-ci ordonne la turpitude et le blâmable. Et n'eussent été la grâce de Dieu envers vous et Sa miséricorde, nul d'entre vous n'aurait jamais été pur. Mais Dieu purifie qui Il veut. Et Dieu est Audient et Omniscient.
22. Et que les détenteurs de richesse et d'aisance parmi vous, ne jurent pas de ne plus faire des dons aux proches, aux pauvres, et à ceux qui émigrent dans le sentier de Dieu. Qu'ils pardonnent et absolvent. N'aimez-vous pas que Dieu vous pardonne ? et Dieu est Pardonneur et Miséricordieux !
23. Ceux qui lancent des accusations contre des femmes vertueuses, chastes [qui ne pensent même pas à commettre la turpitude] et croyantes sont maudits ici-bas comme dans l'au-delà; et ils auront un énorme châtiment,
24. Le jour où leurs langues, leurs mains et leurs pieds témoigneront contre eux de ce qu'ils faisaient.
25. Ce Jour-là, Dieu leur donnera leur pleine et vraie rétribution; et ils sauront que c'est Dieu qui est le Vrai de toute évidence.
26. Les mauvaises [femmes] aux mauvais [hommes], et les mauvais [hommes] aux mauvaises [femmes]. De même, les bonnes [femmes] aux bons [hommes], et les bons [hommes] aux bonnes [femmes]. Ceux-là sont innocents de ce que les autres disent. Ils ont un pardon et une récompense généreuse.
27. Ô vous qui croyez ! N'entrez pas dans des maisons autres que les vòtres avant de demander la permission [d'une façon délicate] et de saluer leurs habitants. Cela est meilleur pour vous. Peut-être vous souvenez-vous.
28. Si vous n'y trouvez personne, alors n'y entrez pas avant que permission vous soit donnée. Et si on vous dit : "Retournez", eh bien, retournez. Cela est plus pur pour vous. Et Dieu, de ce que vous faites est Omniscient.
29. Nul grief contre vous à entrer dans des maisons inhabitées où se trouve un bien pour vous. Dieu sait ce que vous divulguez et ce que vous cachez.
30. Dis aux croyants de baisser leurs regards et de garder leur chasteté. C'est plus pur pour eux. Dieu est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce qu'ils font.
31. Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu'elles ne montrent leurs atours qu'à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs soeurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu'elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu'elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l'on sache ce qu'elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Dieu, ò croyants, afin que vous récoltiez le succès.
32. Mariez les célibataires d'entre vous et les gens de bien parmi vos esclaves, hommes et femmes. S'ils sont besogneux, Dieu les rendra riches par Sa grâce. Car (la grâce d') Dieu est immense et Il est Omniscient.
33. Et que ceux qui n'ont pas de quoi se marier, cherchent à rester chastes jusqu'à ce que Dieu les enrichisse par Sa grâce. Ceux de vos esclaves qui cherchent un contrat d'affranchissement, concluez ce contrat avec eux si vous reconnaissez du bien en eux; et donnez-leur des biens de Dieu qu'Il vous a accordés. Et dans votre recherche des profits passagers de la vie présente, ne contraignez pas vos femmes esclaves à la prostitution, si elles veulent rester chastes. Si on les y contraint, Dieu leur accorde après qu'elles aient été contraintes, Son pardon et Sa miséricorde.
34. Nous avons effectivement fait descendre vers vous des versets clairs, donnant une parabole de ceux qui ont vécu avant vous, et une exhortation pour les pieux !
35. Dieu est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un (récipient de) cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat; son combustible vient d'un arbre béni : un olivier ni oriental ni occidental dont l'huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. Dieu guide vers Sa lumière qui Il veut. Dieu propose aux hommes des paraboles et Dieu est Omniscient.
36. Dans des maisons [des mosquées] que Dieu a permis que l'on élève, et où Son Nom est invoqué; Le glorifient en elles matin et après- midi,
37. des hommes que ni le négoce, ni le troc ne distraient de l'invocation de Dieu, de l'accomplissement de la Salat et de l'acquittement de la Zakat, et qui redoutent un Jour où les coeurs seront bouleversés ainsi que les regards.
38. Afin que Dieu les récompense de la meilleure façon pour ce qu'ils ont fait [de bien]. Et Il leur ajoutera de Sa grâce. Dieu attribue à qui Il veut sans compter.
39. Quant à ceux qui ont mécru, leurs actions sont comme un mirage dans une plaine désertique que l'assoiffé prend pour de l'eau. Puis quand il y arrive, il s'aperçoit que ce n'était rien; mais y trouve Dieu qui lui règle son compte en entier, car Dieu est prompt à compter.
40. [Les actions des mécréants] sont encore semblables à des ténèbres sur une mer profonde : des vagues la recouvrent, [vagues] au dessus desquelles s'élèvent [d'autres] vagues, sur lesquelles il y a [d'épais] nuages. Ténèbres [entassées] les unes au-dessus des autres. Quand quelqu'un étend la main, il ne la distingue presque pas. Celui que Dieu prive de lumière n'a aucune lumière.
41. N'as-tu pas vu que Dieu est glorifié par tous ceux qui sont dans les cieux et la terre; ainsi que par les oiseaux déployant leurs ailes ? Chacun, certes, a appris sa façon de L'adorer et de Le glorifier. Dieu sait parfaitement ce qu'ils font.
42. C'est à Dieu qu'appartient la royauté des cieux et de la terre. Et vers Dieu sera le retour final.
43. N'as-tu pas vu que Dieu pousse les nuages ? Ensuite Il les réunit et Il en fait un amas, et tu vois la pluie sortir de son sein. Et Il fait descendre du ciel, de la grêle [provenant] des nuages [comparables] à des montagnes. Il en frappe qui Il veut et l'écarte de qui Il veut. Peu s'en faut que l'éclat de son éclair ne ravisse la vue.
44. Dieu fait alterner la nuit et le jour. Il y a là un sujet de réflexion pour ceux qui ont des yeux.
45. Et Dieu a créé d'eau tout animal. Il y en a qui marche sur le ventre, d'autres marchent sur deux pattes, et d'autres encore marchent sur quatre. Dieu créé ce qu'Il veut et Dieu est Omnipotent.
46. Nous avons certes fait descendre des versets explicites. Et Dieu guide qui Il veut vers un droit chemin.
47. Et ils disent : "Nous croyons en Dieu et au messager et nous obéissons". Puis après cela, une partie d'entre eux fait volte-face. Ce ne sont point ceux-là les croyants.
48. Et quand on les appelle vers Dieu et Son messager pour que celui-ci juge parmi eux, voilà que quelques-uns d'entre eux s'éloignent.
49. Mais s'ils ont le droit en leur faveur, ils viennent à lui, soumis.
50. Y a-t-il une maladie dans leurs coeurs ? ou doutent-ils ? ou craignent-ils que Dieu les opprime, ainsi que Son messager ? Non !... mais ce sont eux les injustes.
51. La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Dieu et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est : "Nous avons entendu et nous avons obéi". Et voilà ceux qui réussissent.
52. Et quiconque obéit à Dieu et à Son messager, et craint Dieu et Le redoute... alors, voilà ceux qui récoltent le succès.
53. Et ils jurent par Dieu en serments solennels que si tu le leur ordonnais, ils sortiraient à coup sûr (au combat). Dis : "Ne jurez donc pas. [Votre] obéissance [verbale] est bien connue. Dieu est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites".
54. Dis : "Obéissez à Dieu et obéissez au messager. S'ils se détournent,... il [le messager] n'est alors responsable que de ce dont il est chargé; et vous assumez ce dont vous êtes chargés. Et si vous lui obéissez, vous serez bien guidés". Et il n'incombe au messager que de transmettre explicitement (son message).
55. Dieu a promis à ceux d'entre vous qui ont cru et fait les bonnes oeuvres qu'Il leur donnerait la succession sur terre comme Il l'a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnerait force et suprématie à leur religion qu'il a agréée pour eux. Il leur changerait leur ancienne peur en sécurité. Ils M'adorent et ne M'associent rien et celui qui mécroît par la suite, ce sont ceux-là les pervers.
56. Accomplissez la Salat, acquittez la Zakat et obéissez au messager, afin que vous ayez la miséricorde.
57. Ne pense point que ceux qui ne croient pas puissent s'opposer à l'autorité de Dieu sur terre. Le Feu sera leur refuge. Quelle mauvaise destination.
58. Ô vous qui avez-cru ! Que les esclaves que vous possédez vous demandent permission avant d'entrer, ainsi que ceux des vòtres qui n'ont pas encore atteint la puberté, à trois moments : avant la Salat de l'aube, à midi quand vous enlevez vos vêtements, ainsi qu'après la Salat de la nuit; trois occasions de vous dévêtir. En dehors de ces moments, nul reproche ni à vous ni à eux d'aller et venir, les uns chez les autres. C'est ainsi que Dieu vous expose clairement Ses versets, et Dieu est Omniscient et Sage.
59. Et quand les enfants parmi vous atteignent la puberté, qu'ils demandent permission avant d'entrer, comme font leurs aînés. C'est ainsi que Dieu vous expose clairement Ses versets, et Dieu est Omniscient et Sage.
60. Et quant aux femmes atteintes par la ménopause qui n'espèrent plus le mariage, nul reproche à elles d'enlever leurs vêtements de [sortie], sans cependant exhiber leurs atours et si elle cherchent la chasteté c'est mieux pour elles. Dieu est Audient et Omniscient.
61. Il n'y a pas d'empêchement à l'aveugle, au boiteux, au malade, ainsi qu'à vous-mêmes de manger dans vos maisons, ou dans les maisons de vos pères, ou dans celles de vos mères, ou de vos frères, ou de vos soeurs, ou de vos oncles paternels, ou de vos tantes paternelles ou de vos oncles maternels, ou de vos tantes maternelles, ou dans celles dont vous possédez les clefs, ou chez vos amis. Nul empêchement à vous, non plus, de manger ensemble, ou séparément. Quand donc vous entrez dans des maisons, adressez-vous mutuellement des salutations venant de Dieu, bénies et agréables. C'est ainsi que Dieu vous expose Ses versets, afin que vous compreniez.
62. Les vrais croyants sont ceux qui croient en Dieu et en Son messager, et qui, lorsqu'ils sont en sa compagnie pour une affaire d'intérêt général, ne s'en vont pas avant de lui avoir demandé la permission. Ceux qui te demandent cette permission sont ceux qui croient en Dieu et en Son messager. Si donc ils te demandent la permission pour une affaire personnelle, donne-la à qui tu veux d'entre eux; et implore le pardon de Dieu pour eux, car Dieu est Pardonneur et Miséricordieux.
63. Ne considérez pas l'appel du messager comme un appel que vous vous adresseriez les uns aux autres. Dieu connaît certes ceux des vòtres qui s'en vont secrètement en s'entrecachant. Que ceux, donc, qui s'opposent à son commandement prennent garde qu'une épreuve ne les atteigne, ou que ne les atteigne un châtiment douloureux.
64. C'est à Dieu, vraiment, qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Il sait parfaitement l'état dans lequel vous êtes, et le Jour où les hommes seront ramenés vers Lui, Il les informera alors de ce qu'ils oeuvraient. Dieu est Omniscient.


   



 

Seydi Mouhammadou Moctar Ka

08/06/2008 22:22 par emeu

  • Seydi Mouhammadou Moctar Ka

    Seydi Mouhammadou Moctar Ka

    08/06/2008 22:22 par emeu

Parmi ces hommes formés et éduqués par Baye on peut citer Cheikh Ibrahima FALL (RTA).
Disciple et compagnon infatigable de Baye, Cheikh Ibra FALL est l’un des piliers de la Faydha. Mame Cheikh vouait à Baye un amour jamais égalé. Cette citation de Baye envers lui l’atteste grandement : « wa Ibrahima FALL houbbouhô khadimoune (l’amour que Ibrahima FALL porte à moi est sans précédent)». Il a vécu toute sa vie durant à Kossi village de la Faydha. Entre Mame Cheikh et Kossi c’est toute une histoire qui nécessite d’être revisitée afin de comprendre cet événement majeur qui s’est opéré en un moment donné dans la Faydha : celui de la naissance d’une « Ecole : Les Allah Baye ».
Mame Cheikh a formé des hommes et des femmes qui sont des héritiers de la foi, de l’amour, de la sagesse, de la connaissance limpide fondées sur des démarches méthodiques, une vision claire, nette et précise de Dieu, en tant qu’ héritiers sûrs, qui, pour rien au monde, ne nageront en contre courant des exigences de la Faydha. La seule révélation qui suit, nous suffit pour apporter une preuve patente à la bonne qualité et à la rigueur de son école que lui reconnaissait son maître : Mame Baye NIASS.
« Un jour Mame Astou DIANKHA la mère de Baye est venue demander à ce dernier : son fils et de surcroit précurseur de la Faydha, de l’initier aux secrets de celle-ci. Mais imaginez à quel point fut surpris bon nombre de disciples et de proches parents quand ils apprirent que Mame Baye lui a répondu que c’était Cheikh Ibrahima FALL qui était la personne indiquée (son Cheikh Mourabbi : son maître) pour lui admettre à la connaissance et au culte de la Faydha. Ainsi Mame Cheikh Ibrahima FALL transmettra à Mame Astou DIANKHA les secrets de la Faydha. »

Parmi les disciples de Mame Cheikh Ibrahima FALL, nous citerons nommément entre autres, Cheikh Abdoulaye Wilane, Oustaz Dame KA, Baye Pathé KEBE, Mame Lamine DIOP, Ya Néné THIAM, et Baye Mactar KA.

Ce dernier, restera sans doute le personnage qui, au regard de l’importance de ses actions apportées au concours du triomphe de la Faydha, va, fortement influer sur les orientations de ce site et que plus tard vous conviendrez sans doute avec nous, que le jeu en valait la chandelle.
Aujourd’hui, il est l’un des guides religieux qui, incontestablement, fait la fierté de la Faydha.
Nous saisirons certainement l’occasion que nous offre l’internet pour qu’au-delà du simple étalage de ses magnifiques succès dans la conquête de la Faydha, vous faire à mi-chemin une somme de l’œuvre de ce Soufi qui continue de surprendre agréablement plus d’un. Mais qui parle de Baye Mactar désigne implicitement « Yaye Aïcha SOW Oumoul Hanrifina ».

Alors il est clair, comme nous avons essayé de le montrer tout le long de cette réflexion , que ce site va constituer un événement majeur, d’autant plus important qu’il traduit notre forte volonté de vouloir apporter quelques réponses aux innombrables questions qui interpellent l’Islam, la Tijânia et la Faydhatou Ibrahimya sous l’angle d’enseignement de notre Cheikh : Baye Mouhamadou Mactar KA.

En tout cas, ce sont nos vœux les plus pieux. Nous nous attèlerons à mettre à la disposition des internautes, des films, des conférences de nos guides : Baye Mactar KA et Yaye Aïcha SOW Oumoul Hanrifina ainsi que des débats, des contributions et réflexions des sages et des disciples.
Si ce modeste effort est réussi, nous aurons l’ataraxie d’avoir apporté la lumière aux gens de toute confession en quête de Dieu. Ainsi, nous aurions participé par la grâce et la guidée de Dieu, à l’édification d’un avenir radieux qui permettra aux différents peuples des cinq continents de vivre dans la paix, l’amour, la dignité et la stabilité, et ce message de paix fera de l’Islam de notre siècle, la religion de l’espoir et de l’avenir

Cheikh Ahmad Tidjane Chérif (r.a)

08/06/2008 21:29 par emeu

  • Cheikh Ahmad Tidjane Chérif (r.a)

    Cheikh Ahmad Tidjane Chérif (r.a)

    08/06/2008 21:29 par emeu

                                        Cheikh Ahmad  Tidjanny

Son œuvre est inscrit dans le temps qu’il a marqué. Cheikh Ahmed Tidjane Chérif a su garder et sauvegarder ce que le Prophète Mohamed (PSL) lui avait confié : la tarikha tidjane. Il en a fait la plus grande tarikha, propagée dans le monde entier. Sa vie dépasse l’ordinaire compte tenu des évènements qui l’ont marquée. Des coïncidences sont notées entre son destin et celui du Sceau des prophètes. Ce dernier a, d’ailleurs, guidé les pas du Cheikh pour qui Il a tracé la voie. Cela, à travers des apparitions à l’état de veille. Retour sur les temps forts de la vie du dépositaire des valeurs de la Tidjanya.

La seule évocation de son nom renvoie à l’essence même de la tarikha tidjane dont il est le dépositaire de secrets et de ses valeurs. Cheikh Ahmet Tidjane Chérif, de son nom, est né entre 1737 et 1738 correspondant à l’an 1150 de l’Hégire dans une petite ville du désert algérien qui s’appelle Aïn Madhi. Fils de Sidi Mohammed Ibn El Mokhtar Tidjani, et de Aïcha, il avait un visage aux traits fins et imitait le Prophète Mohamed (PSL) dans tous les actes. Ainsi, il avait une barbe filée de poils d’un gris resplendissant, faisait jaillir en lui une lumière mystérieuse.

Ses deux parents sont eux-mêmes d’une ascendance comptant de nombreux savants et saints accomplis. On peut en citer son aïeul au 4e degré qui possédait dans sa demeure une pièce lui servant de lieu de retraite spirituelle. Il y était constamment enfermé et personne d’autre que lui n’avait le droit d’y pénétrer. En fait, Cheikh Ahmed Tidjane est d’ascendance chérifienne. Sa généalogie remonte directement au Prophète (PSL) par la branche de Seydina Ali et Fatima en passant par leur fils Hassan. Mais, cette appartenance à la lignée mouhamadienne lui est certifiée, alors, après qu’il avait posé la question au Prophète lui-même qui lui a répondu alors qu’il était en état de veille. Par trois fois : «Réellement tu es mon fils.» «Ton ascendance par Hassan ibnou Ali est authentique», s’est-il entendu dire, en vision.

SIGNES DU Destin

L ’éducation de l’enfant Cheikh est confiée à l’illustre Mohamed Ibn Hamou Tidjani sous la conduite de qui, il mémorise le texte Coranique en entier. Il avait sept ans et à cet âge déjà, Cheikh Ahmed Tidjane se fait remarquer pour son intelligence et sa piété, ainsi que par ses vertus et sa modestie, son assiduité dans les études et sa volonté surprenante. D’ailleurs, ces qualités lui valent la reconnaissance du Prophète. L’on rapporte, ainsi, qu’un jour de son enfance, en sortant de ses cours, il voit une lumière immense devant lui qui montait jusqu’au ciel. Et le Prophète Mohamed (PSL) lui apparaît et l’encourage en ces termes : «Continue, car tu es dans la vérité.» Terrifié par cet entretien, il court se réfugier chez sa tante qui le couvre d’un drap et le réconforte tout en lui préparant du pain.

En fait, dès son jeune âge, Cheikh a commencé à percevoir les signes d’un saint. Car, selon nombre de versions, il lui est arrivé de voir en rêve le tracé de son destin : tantôt il se voyait sur un trône gérant et commandant des multitudes de créatures, tantôt il suivait de près le Prophète qui chevauchait une monture, à Ain Madhi. Il a voulu lui faire des invocations mais, il a préféré attendre que le Prophète descende de sa monture, pour être plus à l’aise. Aussi, d’après les témoignages, lorsque le Prophète est descendu, il s’est dirigé vers un champ pour prier. Et Cheikh Ahmed Tidjane qui a voulu le suivre dans sa prière l’a rejoint que dans la deuxième rakat. C’est ainsi, qu’il a comprit, à travers ce rêve, qu’il n’atteindrait son souhait que dans la deuxième partie de sa vie.

D ’ailleurs, cette seconde partie de la vie de Cheikh Ahmed Tidjane est marquée par la survenance d’un événement tragique qui va lier son destin à celui du Saint Prophète. En l’an 1752-53, alors qu’il n’a que seize ans, survient la mort de son père et de sa mère, le même jour, à la suite d’une épidémie de peste. Cela n’entacha pas son moral et il poursuit avec plus de détermination ses études pour apprendre ensuite le Droit musulman, selon l’école de l’Imam Malick et étudie les différents traités de jurisprudence auprès du Connaissant d’Allah, le savant Sidi Mabrouk ibn Bou’afiya Madaoui Tidjani.

Le Chemin de le Gloire 

L ’homme, Cheikh Ahmed Tidjane, s’est marié du vivant de ses parents, avant son seizième anniversaire. Mais, explorateur dynamique, en quête des grands érudits de l’époque, il ne pouvait garder sa première épouse, de crainte de la délaisser seule, lors de ses longues pérégrinations. Ainsi, il épouse deux de ses servantes, qu’il avait auparavant affranchies. L’une, Mabrouka, lui donne un premier fils : Mohammed el Kébir et l’autre Mobâraka, son deuxième garçon Mohammed el Habib.

A  seize ans, Cheikh accède au rang de Mufti, non seulement sur le plan de la Charia, en tant que jurisconsulte, mais dans le forum plénier des sciences et arts islamiques où il excellait. A 21 ans, sa soif de connaissances l’amène à quitter sa ville natale de Ain Madhi pour Fez où il s’installe jusqu’en 1757-58. Fez, étant, à l’époque une célèbre cité de la science avec notamment sa fameuse Université-Mosquée Qarawiyyin. Cette ville était aussi le lieu de rencontre de grands maîtres et saints que Ahmed Tidjane veut rencontrer afin de profiter de leurs enseignements spirituels et de leurs bénédictions.

Chaque jour, sa science augmente, recueillie auprès des docteurs de l’Université de Fez où il obtient les diplômes lui conférant le droit d’enseigner toutes les sciences connues des musulmans de cette époque. Mais, sa soif n’est pas étanchée pour autant. Il revient à Fez en 1798 pour s’établir dans ce carrefour prestigieux de la spiritualité musulmane, après des séjours à Tlemcen en Algérie, à Sousse en Tunisie, à La Mecque, à Médine, au Caire. Et parmi les grands maîtres du Maghreb qu’il eut à côtoyer dans sa pérégrination vers Dieu, l’on retient Abu Mohammed Al-Teib, Ahmed AI-Sakali, Mohammed Al Wanjeli, Abdallah Al-Arabi, Abul Abass Ahmed Al Tawach, Abi Abdallah Mohammed Ben Abdul Rahman AI-Azari et Moulay Idriss. Autant de grands savants qu’il a eu à rencontrer et qui ont été émerveillés par ses connaissances.

Après quoi, il sent le besoin d’accomplir son pèlerinage à La Mecque, c’est en 1772-73 correspondant à l’an 1186 de l’Hégire. Cheikh Ahmed Tidjane a 36 ans. Le pèlerinage accompli, il part pour Médine, guidé par la nostalgie de la sépulture sacrée du Sceau des Prophètes après qu’il est intensément remué par les reflets d’une luminescence mohammadienne. Il ressent, de cette approche, une secrète émanation et un effluve, telle une décharge alimentée par un potentiel ancré dans son être intime. Après Médine, Cheikh rejoint le Caire et, durant ce nouveau séjour, Sidi Mahmoud el Kourdiyou lui transmit la voie Khalwatiya, en lui délivrant le diplôme d’autorisation afin d’initier, d’éduquer et de former ses disciples à cette voie.

Ensuite, il rentra au Maghreb et s’arrête dans certaines villes avant de s’isoler dans le désert algérien. C’est dans la localité de Boussemghoun, de l’an 1199 à 1213 de l’Hégire, que Cheikh Ahmed Tidjane a eu sa grande ouverture ou Fath el akbar. En effet, âgé de 46 ans en 1196 de l’Hégire, de sa retraite spirituelle, en pleine journée vient à lui le Prophète Mohamed (Psl) à l’état de veille pour lui annoncer : «Je suis désormais ton initiateur, ton Maître, aucun être humain ne prétendra être ton initiateur ; il te faut, en conséquence, abandonner toutes les voies auxquelles tu étais affilié précédemment. Personne n’aura de reproche à te faire car, c’est moi qui serait ton intermédiaire auprès d’Allah et aussi ton auxiliaire.»

TRANSMISSION ET CONSECRATION

Il devient donc le dépositaire de la voie spirituelle du Prophète, voie qui renferme en elle toutes les autres voies que sont la tarikha Ahmediya, Mohamediya, Ibrahimiya, Hanifiya et qui renferme des grâces énormes jamais obtenues par toute autre voie. Tout comme la communauté de Mohamed a des grâces qui n’ont jamais été obtenues par les autres communautés avant l’Islam. Les vertus attachées à la voie du Prophète et à son Khalife, Cheikh Ahmed Tidjane sont innombrables.

Le Prophète lui enseigne, ensuite, une partie du wird Tidjanya et lui dicte les conditions de sa voie. De même, le Cheikh continue de recevoir, d’année en année, l’initiation directe du Prophète ainsi que l’ordre et l’autorisation d’appeler les gens à cette voie. Conscient, maintenant de son statut élevé, il déclare, avec une forte conviction : «Tout saint qui ne boit n’est abreuvé que de notre mer depuis la création jusqu’à la résurrection.» «Tous les Cheikhs ont appris de moi l’inconnaissable... Je suis le seigneur des saints, comme Mohammed est le seigneur des Prophètes.» S’en suit l’étape de propagation de la tarikha qui a duré 13 ans dans cette région. Cet ordre prend une ampleur considérable et suscite la jalousie et l’inquiétude des autorités turques. Cela lie, à nouveau, le destin de Cheikh Ahmed Tidjane à celui du Prophète. Car, tout comme le Prophète a dû s’exiler de La Mecque à Médine, Cheikh Ahmed Tidiane a dû le faire d’Abi Semghoune à Fèz.

Par ailleurs, Cheikh, désormais dépositaire des valeurs de la Tidjanya ne cesse de suivre les enseignements et les éducations de Mouhamed (Psl) tout au long de ces années, pendant lesquelles, compte tenu de son rang et de sa spiritualité, il est hissé au rang suprême de la Qoutbaniya el Oudhma au mois de mouharam de l’année 1214 de l’Hégire à Arafat. Il atteint aussi deux stations uniques dans la hiérarchie spirituelle des saints : La Khatmiya (Le sceau des saints) la Katmiya (Le Pôle caché). De sorte qu’il se retrouve en haut de l’échelle de la sainteté, juste au-dessous des compagnons du Prophète Mohamed (PSL).

Cheikh est, en effet, le Pôle caché qui sera dévoilé au jour du Jugement dernier par une voix qui clamera : «Voici celui qui, de toute éternité, vous inspirait les connaissances, les lumières et la puissance que le Seigneur Très-Haut vous destinait. Il les recevait des Prophètes et les distribuait aux saints pour vivifier leurs esprits et guider leurs actions.» D’ailleurs, pour confirmer cela, l’enfant de Ain Mahdi révèle, dans ses écrits : «Le maître de l’existence m’a informé de vive voix que je suis le Pôle caché, cela à l’état de veille et non en rêve.» «L’essence du Prophète irrigue les essences des Messagers et Prophètes, mon essence irrigue les Pôles, les Connaissants d’Allah et les Wali depuis la préexistence et ce jusqu’à l’éternité.»

C ’est dans cette sainteté que Cheikh a vécu avant de quitter ce monde terrestre le jeudi 17 Chawal 1230 à l’âge de 80 ans. Après avoir accompli la prière du matin, il s’allonge sur le côté, demande un verre d’eau qu’il boit, puis son esprit agréé quitte son corps béni. Il est enterré dans sa Zaouia à Fèz, au Maroc. Depuis, la lumière qu’il hérita du Prophète ne cesse de se propager.

 

 

Abdoulaye Bayoro : Le Roi de Kano

04/06/2008 12:09 par emeu

  • Abdoulaye Bayoro : Le Roi de Kano

    Abdoulaye Bayoro : Le Roi de Kano

    04/06/2008 12:09 par emeu

Parmi les personnalités citées ,figurent le nom de Cheikh Ibrahim et une description de son caractere:" son nom apparent est ibrahim ,son nom cache ,Sharaful-D-Din ,car la religion islamique sera honorée de son vivant".Cheikh Ousmane Dan Fodio ajoute ceci:"Il viendra de l'Ouest (en effet le Senegal est situé a l'Ouest du NIgeria ) et appâraitre en pays Haoussa en 1370 de l'Hegire".Dans dix autres vers,son visage est decrit comme etant grand avec de grands yeux .Sa carrure est également décrite.Il le présente comme un Visiteur assidu au pèlerinage de la Mecque et de Medine.Enfin ,il ajoute qu'après son apparition ,il y'aura une resurgence dans la foi islamique et que tout finira par rentrer sous son autorité .Il rassemblera ,écrit-il ,ceux qui sont dispersés pour les mener vers l'unité.Le Cheikhou a meme évoqué le nom de Cheikh Ibrahim,Abdoulaye . La date prévue par cheikh Osmane est exacte car,à bien calculer ,elle correspond au sh-arfkhank(1370de l'Hegire,1370=20 50 20 80 200 1000).Ce fut l'annee ou Cheikh Ibramim fit une seconde et populaire visite en Pays Haoussa .Les masha'ikh ,les oulemas et la population vinrent ,en masse aupres de lui,reconfirmer leur appartenance à la Tariqa Tijane.Il faudrait se rappeler que sa premiere visite en Pays Haousssa ,il ne s'etait rendu que chez l'Emir Abdoullahi Bayoro en 1945.Lors de sa seconde visite,la population l'a comblé d'une affection tellement grande et sincère que Cheikh Ibrahim l' a décrit dans son poeme: "Quand je suis arrivé, quel ne fut mon etonnement de voir ce que j'ai vu C'etait,je le jure ,au-dela de tout ce que je pouvais imaginer. Ma confiance en ce qu'Allah gouverne les choses tel qu'il Lui plait de les disposer s'en trouve affermie. Je me suis alors dit" Ou est le Cheikh vers qui les grands tendent leur coup pour le saluer?" "Ou est Ibrahim ?Qui est il pour tous ceux la se consumment d'amour et de veneration pour lui ? Je jure que si je n'etais pas noyé dans mon amour pour Cheikh Al Tijani,je serais à coup sur mort de honte.

Baye au Nigéria

04/06/2008 11:56 par emeu

http://www.youtube.com/v/OD4jjLQj044&hl=fr&fs=1

IMAM HASSAN CiSSé explique les relations entre Baye et Abdoulaye Bayoro le roi de Kano

 

Babacar Thiam

26/05/2008 19:12 par emeu

  • Babacar Thiam

    Babacar Thiam

    26/05/2008 19:12 par emeu

NOTE SPECIALE  à  BAYE   BABACAR  THIAM 

Sans doute reconnu pour sa voix grave et mélodieuse dans le zikr, Babacar Thiam est aussi en plus de cela un  Mouqqadam de Cheikh Baye Niass(r.a)

Son Cheikh est Mame Omar Faty Diallo , ce dernier fut l'un des "Sahabas" de la Faydatou de Cheikh Ibrahim à l'image de Baye Mallé thiam, Cheikh Hassan Dem ou autre Mame Ibra fall etc ...

Cheikh Omar Faty Diallo était donc le guide spirituel  de Baye Babacar Thiam et lui a enseigné tous les écrits de Baye...

 Babacar Thiam est une véritable fontaine de connaissances et il enseigne le coran, les écrits de Baye, bref... Il est l'un des Hommes qui font avancer la réligion musulmane ( incontournable sur les règles de la Charia), il fait revivre la Sounna Mouhamédienne comme le faisait Baye , qui était incontestablement  "Roi en la matière", mai aussi Babacar Thiam illumine les coeurs de bonheur, coeurs ouverts par Cheikh Ibrahim et y a mis son secrêt, la "Fatahou"...

Il est aussi remarqué par ses "Gamous" où il nous enseigne  véritablement TOUT. Parler du Prophète (psl) , de Cheikh  Tidjiane (r.a) du vénéré Cheikh ibrahim (r.a)... mais aussi de la vie des prophètes, leur mission sur terre, ... et  des connaissances réservées aux gnostiques: "la Marifatou bilahi"...

Il est un exemple à suivre 

Babacar Thiam est vraiment un cadeau précieux que nous a offert Mawlana Baye...

Qu' Allah lui paie pour tout ce qu'il apporte aux Talibés de Baye, aux Tidjanes, à tous les musulmans.

YALLA NA FI YAGUE Té AND AK Wér  SI BARKé    BAYE