Les secrêts du Jeûne
13/11/2008 17:26 par emeu
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Les secrêts du Jeûne
13/11/2008 17:26 par emeu

Au Nom d'Allah Le Tout-Miséricordieux Le Très-Miséricordieux
Les secrets du Jeûne
La Louange est à Allâh - Exalté soit-Il - qui dispense magnifiquement à Ses serviteurs Sa Grâce par laquelle II a éloigné d'eux la ruse de Satan et de ses suppôts, repoussé son espoir et déçu ses raisons. Aussi, a-t-II fait du jeûne un rempart et une protection pour Ses Saints.
Par le jeûne, II a ouvert les portes du Jardin paradisiaque. II leur a fait savoir que les moyens d'accès de Satan à leurs coeurs restaient les désirs cachés que l'âme apaisée maîtrise, toute préparée à lutter contre l'Adversaire avec son arme effilée et dégainée et ses forces puissantes. Que la grâce soit sur Muhammad , le Chef conduisant les créatures, celui qui rend la Voie facile, ainsi que sur sa Famille et ses Compagnons doués de vue pénétrante et d'intelligence discriminante. Qu'Allâh lui accorde généreusement Ses salutations de paix.
Le jeûne est le quart de la Foi conformément aux deux nouvelles prophétiques (hadîth) suivantes :
" Le jeûne est la moitié de la constance "( Al boukhari & Ibn majah )et" La constance est la moitié de la Foi. " ( Al boukhari )
De plus, le jeûne a été spécialement distingué par le rapport qu'il garde avec Allâh , parmi les autres obligations cultuelles fondamentales [de l'Islam]. En effet, Allâh - Exalté soit-Il - a dit, selon ce que rapporte de Lui Son Prophète - sur lui la grâce et la paix - :
" Toute bonne oeuvre aura sa récompense de dix fois sa valeur et même jusqu'à sept cents fois, sauf le jeûne, car il est à Moi et Moi Je rétribue par lui. " ( Al Boukhari ).
Allâh n'a t-II pas dit :
" En vérité, les Constants recevront leur salaire sans compter "
Sourate 39 : Les groupes (Az-Zumar) verset 10.
Or, le jeûne étant la moitié de la constance, sa rétribution dépasse les données de l'appréciation et du comput. Pour clore l'information de son excellence, nous ajouterons que le Prophète - sur lui la grâce et la paix - a dit :
"Par Celui dont la Main gouverne mon âme, l'haleine de la bouche du jeûneur est plus parfumée chez Allâh que l'odeur du musc."
Allâh puissant et majestueux a encore dit [dans un hadîth saint] :
" En vérité, (le jeûneur) a renoncé à son désir, à sa nourriture et à sa boisson à cause de Moi, car le jeûne est à Moi et Moi Je rétribue par lui. " ( Al Boukhari ).
Le Prophète - sur lui la grâce et la paix - a dit :
" Dans le Jardin paradisiaque, il se trouve une porte nommée al-Rayyân ou surabondance. Ne la franchiront que les Jeûneurs. La Rencontre d'Allâh est promise au jeûneur en récompense de son jeûne. " ( Al Boukhari ).
Le Prophète - sur lui la grâce et la paix - a dit aussi :
" Le jeûneur a deux joies : une joie lorsqu'il rompt son jeûne et une joie lorsqu'il rencontre son Seigneur. " ( Al Boukhari ).
II a dit encore :
" Chaque chose a une porte et la porte de l'adoration est le jeûne. "
( Al Boukhari ).
" Le sommeil du jeûneur est acte d'adoration. "
( Al Boukhari ).
Abu Hurayra - qu'Allâh soit satisfait de lui - rapporte que le Prophète - sur lui la grâce et la paix - a dit :
" Quand le mois de Ramadân commence, les portes du Jardin paradisiaque s'ouvrent, les portes du Feu infernal se ferment et les démons sont enchaînés. Un héraut appelle ainsi : " Ho ! celui qui aspire au bien, viens ici ! Ho ! celui qui aspire au mal, retire-toi ! " ( Al Boukhari ).
Commentant la parole suivante d'Allâh :
Mangez et buvez en vous réjouissant pour ce que vous avez fait auparavant dans les jours creux » Sourate 69 : Celle qui montre la vérité (Al- Haqqah) verset 24.
Wakî' précise qu'il s'agit des jours de jeûne pendant lesquels on renonce à la nourriture et à la boisson.
Le Prophète - sur lui la grâce et la paix - a assimilé le renoncement à ce bas monde et le jeûne à un même degré d'émulation, dans le hadîth suivant :
" En vérité, Allâh - Exalté soit-Il - vante auprès de Ses anges l'adorateur adolescent et lui dit : " O jeune homme ! toi qui as renoncé à tes désirs à cause de Moi et qui Me consacres ta jeunesse, tu es auprès de Moi comme certains de Mes anges ! " ( Al Boukhari )
Le Prophète - sur lui la grâce et la paix - a dit de la part de son Seigneur, à propos du jeûneur :
" Allâh puissant et majestueux a dit : " Portez le regard, Ô Mes anges, sur Mon serviteur qui a renoncé à son désir, à son plaisir, à sa nourriture et à sa boisson à cause de Moi ! "
A propos du verset suivant :
" Aucune personne ne connaît ce qui lui est réservé de fraîcheur des yeux en récompense de ce qu'elle a fait " Sourate 32 : Le prosternation (As-Sajda) verset 17,
on rapporte qu'il s'agit du jeûne rétribuant le comportement de cette catégorie, interprétation corroborée par le verset suivant :
" En vérité, les Constants recevront leur salaire sans compter "
Sourate 39 : Les groupes (Az-Zumar) verset 10.
C'est pourquoi, Allâh accorde au jeûneur une récompense libérale donnée sans compter, c'est-à-dire sans faire intervenir ni l'appréciation, ni l'aptitude à jeûner puisque le jeûne appartient à Allâh et est ennobli par la relation qu'il garde avec Lui-même, bien que toutes les oeuvres d'adoration Lui appartiennent. II en est de cet ennoblissement comme de celui de la Maison [sacrée de La Mecque, la Ka'ba] qu'Il a rendue digne par la correspondance qu'Il a établie avec Lui-même [en disant : la Maison d'Allâh], bien que toute la terre Lui appartienne également.
Deux raisons viennent confirmer ce point de vue :
1. Le jeûne est abstinence et renoncement, il porte en lui-même un secret qui ne comporte pas d'effet visible. Or, tous les actes d'obéissance sont attestés des créatures et observables, alors que le jeûne n'est attesté que par Allâh puissant et majestueux. C'est qu'il implique un comportement intérieur de pure patience.
2. Le jeûne contraint l'ennemi d'Allâh. En effet, les moyens d'influence de Satan - qu'Allâh le maudisse - sont les désirs. Or, ceux-ci se renforcent par la nourriture et la boisson. C'est donc pour cette raison que le Prophète - sur lui la grâce et la paix - a dit :
" En vérité, Satan se propage dans le fils d'Adam comme le sang [dans le corps]. Amoindrissez son flot par la faim. " ( Al Boukhari & Mouslim )
Pour cette raison, le Prophète - sur lui la grâce et la paix - a dit à 'Â'isha - qu'Allâh soit satisfait d'elle - :
" Frappe sans relâche à la porte du Paradis !" - "Comment cela ?" demanda t-elle - "Par la faim " répondit-elle ". ( Rapporté par 'A'ïsha )
Nous traiterons du mérite de la faim dans le chapitre consacré aux méfaits de la nourriture et aux remèdes à y apporter.
Le jeûne donc est plus apte à dompter Satan, à contenir ses agissements et à amoindrir son influence. Pour ces raisons, il a le privilège d'être rattaché à Allâh puissant et majestueux. Car, dans le domptage de l'ennemi d'Allâh, il y a une assistance en Sa faveur - Exalté soit-Il -. Or, celui qui prête assistance d'Allâh reste subordonné au secours qu'Allâh lui doit, car Allâh - Exalté soit-Il - a dit :
" Ô vous qui croyez ! si vous faites triompher (la cause d') Allâh, Il vous fera triompher et raffermira vos pas. " Sourate 47 : Muhammad verset 7.
La méthode préalable consiste dans l'effort que le serviteur fait et la rétribution se trouve dans la Guidance qu'Allâh accorde ainsi qu'Il le mentionne dans ces versets :
« Nous guiderons sûrement dans Nos Voies ceux qui combattent parmi Nous »
Sourate 29 : L'araignèe (Al-Ankabut) verset 69.
« En vérité, Allâh ne vient pas changer ce qui se trouve en un peuple tant que ceux qui le constituent ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes » Sourate 13 : Le tonnerre (Ar-Raad) verset 11.
Or, le changement dont il est question a pour objet [de contrarier] l'accroissement des désirs, penchants qui sont les pâturages dont les démons se nourrissent. Aussi, tant que ces pâturages restent fertiles, les démons n'ont de cesse de les posséder et tant qu'ils les fréquentent, les serviteurs ne seront guère gratifiés de la révélation de la Majesté d'Allâh - Exalté soit-Il - restant voilés et bien loin de Le rencontrer.
Le Prophète - sur lui la grâce et la paix - a dit :
" Si les démons ne voltigeaient sur les coeurs des fils d'Adam, ceux-ci pourraient regarder le Royaume des Cieux. " ( Ahmad )
Les septs degrès spirituels dans le chemin vers Dieu
13/11/2008 17:19 par emeu
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Les septs degrès spirituels dans le chemin vers Dieu
13/11/2008 17:19 par emeu

• 1- La demeure de la repentance : At-tawba
• 2- La demeure de l'ascèse et du renoncement au bas monde : Al zuhd fi al dunya
• 3- La demeure de l'hostilité contre l'âme : 'Adâwatu al nafs
• 4- La demeure de l'amour : Al mahabba
• 5-La demeure de la rupture de la passion
• 6- La demeure de la crainte révérencielle : Al khachya
• 7- La demeure de la proximité
• 7- La demeure de la proximité : qurb
Au Nom d'Allah Le Tout-Miséricordieux Le Très-Miséricordieux
La demeure de la proximité (al qurba)
Allah - qu'Il soit exalté - a des serviteurs qui ont surmonté cet obstacle en criant et en demandant secours à Allah - qu'Il soit exalté - contre l'iniquité de la passion et contre sa vivacité en eux. Aussi, Allah - qu'Il soit exalté - les regarda avec respect en voyant qu'ils étaient sincères dans leur attachement à Lui. Ayant dissipé les voiles autour d'eux, Allah - qu'Il soit exalté - leur manifesta de Sa Toute Puissance, suffisamment de quoi briser tout obstacle qui s'interposait entre eux et Lui, pulvérisant du même coup les désirs de leurs âmes et vouant leurs passions à une mort certaine.
C'est ce qu'indique la Parole divine :
« Lorsque son Seigneur se manifesta à la montagne,Il la pulvérisa et Moïse tomba foudroyé »
Sourate 7 : Al-Araf verset 143.
C'est-à-dire que la montagne s'est affaissée pour se disloquer ensuite en quatre morceaux. Une partie de cette montagne s'était détachée et s'envola pour tomber dans les abîmes de la mer ; une autre partie se dispersa dans le monde sans jamais retrouver de fond. Une autre partie est devenue comme de la poussière disséminée. C'est ce qui advient également aux âmes avec leurs caractères, leurs désirs et leurs plaisirs. Ainsi, de même que Moïse - Sur lui la Paix - tomba foudroyer, de même la passion tombe foudroyé.
« A son réveil, il (Moïse) s'écria : Gloire à Toi ! Je me repens à Toi !» Sourate 7 : Al-Araf verset 143.
Allah - qu'Il soit exalté - les prit alors en charge pour les régir, les prendre sous Son égide et les préposer à Son service au cours de leur vie d'ici-bas, en les éduquant et en prenant soin d'eux sans jamais les confier à quiconque parmi Ses créatures.
Il a vivifié leurs coeurs en les comblant de Ses subsistances et en faisant d'eux des martyrs réjouis des faveurs qu'Allah - qu'Il soit exalté - leur accorde. Ces serviteurs ont combattu leurs passions. Ils ont beaucoup enduré pour venir à bout de la passion. Ils ont ainsi mérité de la part d'Allah - qu'Il soit exalté - qu'Il vivifie leurs coeurs et qu'Il fasse d'eux des martyrs auprès de Lui, jouissant de Ses dons, de Sa bonté, de Sa Lumière et de Sa bienveillance dans la joie et l'allégresse, sans trouble, ni agitation, ni pression de leurs demandes. Ils se maintiennent devant leur Roi dans l'attente de l'avènement de Ses Arrêts qu'ils subissent en les traversant comme une flèche, tellement ils sont épanouis et libérés de leurs passions et de leurs âmes, terrassées, avant d'être revivifiées par Allah - qu'Il soit exalté -.
Libres et honorés, ils sont les affranchis du Tout Miséricorde qui les a libérés de la servitude de la passion et leur ôta leurs chaînes.
Allah - qu'Il soit exalté - est fier de ces coeurs devant Ses anges. Heureuse est la terre qui les porte ! Heureux est le ciel qui les abrite ! Ce sont les amis du Tout Miséricordieux, les piliers de la terre. Ceux qui sont entourés de la protection d'Allah - qu'Il soit exalté -, nourris de la miséricorde d'Allah - qu'Il soit exalté -, protégés dans la citadelle d'Allah - qu'Il soit exalté -, préservés sous l'égide d'Allah - qu'Il soit exalté -, élevés sous la bienveillance d'Allah - qu'Il soit exalté -, les dépositaires des secrets d'Allah - qu'Il soit exalté -, qui seront demain dans la demeure d'où ils rendront visite à Allah - qu'Il soit exalté - et qui seront honorés matin et soir par la contemplation d'Allah - qu'Il soit exalté -. Le plaisir de goûter la proximité d'Allah - qu'Il soit exalté - les a détournés des félicités du Paradis. Ils sont les recueillis parce qu'ils sont parvenus jusqu'à Lui : Toute trace de passion est morte en eux et leurs membres sont parfaitement recueillis.
Lorsqu'ils ont perduré dans cet état spirituel et qu'Allah - qu'Il soit exalté - a fait d'eux ce que nous venons de décrire, car tout cela est pour eux une faveur divine, Allah - qu'Il soit exalté - les combla par la proximité. La vie disparut ainsi. Ils perdirent la vision de l'âme pour s'engager dans les océans de la connaissance d'Allah - qu'Il soit exalté - en bénéficiant de Sa familiarité et en vivant sous Son pouvoir de les régir au sein de l'extinction totale jusqu'à ce qu'ils deviennent puissants par Lui, orgueilleux par Lui, dominateurs par Lui, car ils sont devenus orgueilleux par Son orgueil et ivres de Lui par rapport à Ses dons.
Devenus puissants par rapport aux choses au sein de Son individuation, ils sont devenus les yeux d'Allah - qu'Il soit exalté - sur Sa terre et le réceptacle de l'Orgueil d'Allah - qu'Il soit exalté - devant lesquels ne peuvent faire face ni les montagnes, ni les océans, ni les rois de la terre. Car Allah - qu'Il soit exalté - les a parés de Sa vénération, les a revêtus de la parure de Son agrément, les a parfaits de Sa sagesse et les a couronnés de Sa proximité. Ainsi celui qui les regarde les craints par contrainte ; celui qui les voit les aime par captivation et celui qui les rencontre se soumet à eux sous l'effet de leur domination.
Allah - qu'Il soit exalté - cohabite avec leurs coeurs et la vérité cohabite avec leurs poitrines.
Voilà le maximum de ce que nous avons trouvé sur les demeures spirituelles des serviteurs et que nous avons pu voir. Si tu veux réaliser cela en l'éprouvant au regard du Livre (Saint) et de la Tradition, nous allons l'illustrer point par point, si Allah - qu'Il soit exalté - le veut, et il n'y a de force et de puissance que par Dieu, Le Très Haut, Le Tout Puissant !
S'agissant de la septième demeure, ses occupants sont des gens qui, après avoir enchaîné la passion, tout en étant extrêmement craintifs à son égard, Allah - qu'Il soit exalté - les a regardés alors qu'ils Lui ont consacré toute leur énergie. Il les a traités avec le respect convenu et ils purent ainsi s'en remettre parfaitement à Lui. Comme Il les a pris totalement en charge pour ce qui est de l'affrontement de leur passion, ils ont pu atteindre leur but en matière de purification de la passion. Car Allah - qu'Il soit exalté - leur manifesta de Sa Toute Puissance ce qu'il faut pour foudroyer la passion et pulvériser les désirs qui sont devenus comme de la poussière disséminée, tellement ils sont éparpillés et dispersés.
Ceci est illustré par la Parole d'Allah - qu'Il soit exalté - :
«Je confie mon sort à Allah »
Sourate 40 : Le pardonneur (Gafir) verset 44.
Allah - qu'Il soit exalté - ajoute immédiatement en guide de réponse :
« Allah préserva ce croyant de leurs méchantes ruses, et aux gens de Pharaon, Il leur réserva le châtiment le plus dur » Sourate 40 : Le pardonneur (Gafir) verset 45.
Il en va de même pour le serviteur lorsqu'il remet son sort à Allah - qu'Il soit exalté - en rompant avec tout ce qui est autre que Lui et en se réfugiant auprès de Lui, Allah - qu'Il soit exalté - le préservera des méchancetés occasionnées par les machinations de la passion, et les désirs de ce serviteur subirent une punition terrible.
C'est-à-dire qu'il s'est exposé longuement à l'épiphanie divine (al tajallî) jusqu'à ce que la passion soit foudroyée et dispersée et qu'il tombe en homme repenti qui affirme la pureté de son Seigneur et qui dit : « Je suis le premier des croyants ! » Confiant qu'il était dans le fait que personne du bas monde ne le voit car il ressemble à ce qu'il a vu arriver à la montagne.
Il en va de même de l'âme qui retrouve la sérénité devant son Seigneur. Dans l'au-delà des hauteurs de la terre elle est touchée par les bénédictions de l'épiphanie (al-tajallî). A ce moment là, il n'y aura sur terre aucune âme stérile qui n'engendrera, aucun trésor qui ne soit pas « vomi » par les terres, aucun minerai qui ne se réjouis pas de ce qu'il contient, aucune eau saumâtre qui ne devienne douce, aucun sel qui ne devienne agréable, aucun malade qui ne guérisse pas, aucun condamné par un mal chronique qui ne se rétablisse pas, car tout ce qui s'expose à l'épiphanie s'envole, se disperse et part en miette. Il en va de même de la passion et des désirs devant l'épiphanie. Il ne reste dans le coeur aucune maladie sans qu'elle disparaisse, aucun mal chronique et aucune impuissance sans qu'ils soient éliminés. Les trésors qu'ils recèlent apparaîtront.
Ce qui était en eux salé et saumâtre deviendra doux et agréable, à savoir l'amour du bas monde et l'amour de l'âme et tout ce qui était stérile en eux, engendrera et se remplira des dons d'Allah - qu'Il soit exalté -, de Ses secrets et de ce qu'Il leur révélera des profondeurs des mystères concernant de Son accueil favorable, Sa bienveillance et Sa miséricorde envers Ses serviteurs. Car auparavant, ce serviteur aimait le bas monde pour lui-même et aimait son âme pour elle même. C'est cela qui était saumâtre, fétide, amer et salé. Or, dorénavant ce serviteur aime le bas monde en tant que création et miséricorde de la part de Dieu pour Ses serviteurs, en tant que don de Sa part en leur faveur et en tant que marque de Sa bienveillance. Il aime l'âme en tant que serviteur d'Allah - qu'Il soit exalté - qu'Allah - qu'Il soit exalté - a créé, formé, choisi à travers ce qu'Il lui a fait voir comme preuves et élu pour Lui-même.
Ainsi, de même qu'il aime les croyants en tant que serviteurs d'Allah - qu'Il soit exalté - pour Allah - qu'Il soit exalté - Lui-même, de même il aime sa propre âme pour Allah - qu'Il soit exalté - Lui-même. Autrement dit son amour est devenu pur et la traîtrise de son âme a disparu. Ainsi, il est dépositaire et comptable de son bas monde et il est dépositaire et comptable de son âme. Car la maladie de son coeur, qui est le doute, a disparu et le mal chronique et l'impuissance, qui sont le polythéisme et l'insouciance, ont disparu également.
Pour ce qui est des Traditions sur l'épiphanie (al-tajallî), Sufayân ibn Waki` nous a rapporté d'après Abdulwâhâb ibn Abdulmajîd al-Qûfî, d'après Abû Qalaba d'après al-Nu'mân Bashir que l'Envoyé d'Allah - qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix - a dit :
« Allah a des réceptacles sur Sa terre. Ce sont les coeurs de Ses serviteurs. Les coeurs qui Lui sont les plus chers sont ceux qui sont doux, purs et solides ».
La douceur consiste à être doux avec les frères. La solidité consiste à être fermes pour Allah - qu'Il soit exalté -.
C'est ce que nous a rapporté Sâlih ibn Muhammad, d'après Sulaymân ibn `Amrû, d'après Abu Hazim, d'après Sahl ibn Sa‘d selon lequel l'Envoyé d'Allah - qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix - a dit :
« Sachez qu'Allah a sur la terre des réceptacles. Sachez que ce sont les coeurs. Les plus aimés par Allah sont ceux qui sont les plus doux, les plus purs et les plus solides ! »
Ils sont les plus doux envers les frères ; les plus purs parce qu'ils sont épurés des péchés et les plus solides parce qu'ils sont les plus fermes dans la Foi.
Voilà ceux qui sont fermes pour Allah - qu'Il soit exalté -. Ceci trouve sa confirmation dans cette parole de Ali ibn Abî Tâlib - qu'Allah soit satisfait de lui - :
« Celui qui ordonne le bien et interdit ce qui est répréhensible, foule le nez des hypocrites dans la poussière. Et pour celui qui est sincère dans toutes ses situations, Allah se courrouce pour lui ».
On rapporte également que l'Envoyé d'Allah - qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix - a dit :
« Aucun serviteur n'a reçu de chose meilleure
que la fermeté dans la Foi ».
C'est qu'Allah - qu'Il soit exalté - a pris en charge ces serviteurs pour les régir et les installer dans une position où ils sont libres et honorés par leur Seigneur.
Ceci est illustré par la Parole d'Allah - qu'Il soit exalté - :
« Gloire à Lui !»
Sourate 59 : L'exode (Al-Hasr) verset 23.
Il a commencé par affirmer Sa transcendance et Sa pureté. Puis Il a dit - qu'Il soit exalté - :
«Ils ne sont que des serviteurs honorés !
Ils ne devancent pas la Parole »
Sourate 21 : Les prophètes (Al-Anbiya) verset 26 - 27.
C'est à dire qu'ils sont debout devant la porte de leur Roi sans commencer les premiers par Lui adresser la parole, attendant plutôt Ses commandements, surveillant Ses Ordres, tout en étant attentifs à tout ce qui procède de Lui ;
« Allah sait ce qui se trouve devant et derrière eux »
Sourate 21 : Les prophètes (Al-Anbiya)
C’est-à-dire qu'Il sait ce qu'Il entreprend pour eux dans leur vie en ce bas monde et ce qu'Il a préparé pour eux dans leur vie future, car Sa science leur suffit pour tout et la douceur de Son bon vouloir a dominé leurs, coeurs parce qu'ils L'aiment et vénèrent Sa Majesté et Sa Toute Puissance ;
«Ils ne devancent pas la Parole et ils agissent sur Son ordre »,
C’est-à-dire qu'ils ne réagissent face à ce qu'il leur arrive qu'en vertu de Son Ordre, car ils sont les bien guidés qui bénéficient de Son élection. Du reste, Allah - qu'Il soit exalté - a mentionné ces deux catégories dans Sa Révélation. En effet, Il a dit :
« Allah choisit et appelle à cette religion qui Il veut»
Sourate 42 : La consultation (Achoura) verset 13.
Ensuite Il a dit - qu'Il soit exalté - :
«Il dirige vers elle celui qui revient repentant »
Sourate 42 : La consultation (Achoura) verset 13.
Donc l'élection procède de Son bon vouloir tandis que la guidance ou la direction est réservée aux repentants qui reviennent vers Lui. En somme l'une est motivée et l'autre est sans motif aucun. Ces serviteurs sont donc les bénéficiaires de Son élection, qui vivent sous Son égide et sous Son Pouvoir. Ils sont donc les bénéficiaires de Sa protection et de Son amitié. Ainsi, ils n'intercèdent qu'en faveur de celui qu'Il agrée, ne prennent en miséricorde que celui qu'Il comble de Sa miséricorde, ne sont en paix qu'avec celui avec qui Il est en paix, ne prennent en amitié que celui qu'Il prend en amitié, ne manifestent leur hostilité qu'à celui qui s'expose à Son hostilité et n'acceptent que celui qu'Il accepte, car ils sont sous son Pouvoir et à Son service.
Tout ceci est confirmé par les Traditions à travers ce que nous a rapporté Ibrâhîm ibn al-Mustamir al-Hudhlî al-Basrî, d'après Abu ‘Âmir al-‘Uqdi, d'après Abdulwâhid ibn Maymûn, d'après Abu Hamza le serviteur de `Urwa ibn al Zubayr, d'après son maître `Urwa, d'après `Âïsha, d'après l'Envoyé d'Allah - qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix -, d'après Gabriel, d'après Allah - qu'Il soit exalté -, et aussi à travers ce que nous a rapporté Isma'il ibn Nasr, d'après Abûl Mundhir al-Qati‘i, d'après Abdul Wâhid, d'après‘Urwa, d'après ‘Âisha d'après l'Envoyé de Dieu – que Dieu lui accorde la grâce et la paix –, d'après Dieu, que Son Nom soit béni, et à travers ce que nous a rapporté Dâwûd ibn Hammâd, d'après Omar ibn Sa‘id al-Dimashqî, d'après Sadaqa ibn Abdullâh, d'après Abdulkarim al-Jazari, d'après Anas ibn Mâlik, et d'après l'Envoyé d'Allah - qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix -, d'après Gabriel – que la paix soit sur lui –, d'après Allah - qu'Il soit exalté - qui a dit :
« Celui qui nuit à l'un de Mes Waly (Saints, Amis), mérite que Je lui déclare la guerre. Jamais Mon serviteur ne s'est rapproché de Moi qu'avec une chose comme l'accomplissement de ce que e lui a prescrit. Et Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi au moyen des oeuvres surérogatoires, jusqu'à ce que Je l'aime. Et lorsque Je l'aime, Je suis son oreille avec laquelle il entend, sa main avec laquelle il saisit, son pied avec lequel il marche, son coeur avec lequel il comprend et sa langue avec laquelle il parle. S'il M'invoque Je l'exauce et s'il M'adresse une demande, Je le comble. Jamais Je n'ai hésité devant une chose que Je fais comme Mon hésitation à le faire mourir. Car lui, il déteste la mort, et Moi Je déteste lui faire mal ! »
Or ce qui prouve et confirme que, par la grâce d'Allah - qu'Il soit exalté - et Sa Faveur, cette catégorie de serviteurs est bien nombreuse dans notre communauté (musulmane), c'est la parole de Omar ibn al-Khattâb – qu'Allah soit satisfait de lui – à l'homme que Ali – qu'Allah soit satisfait de lui – a frappé à la tête :
Tu as été touché par l'une des sentinelles d'Allah ».
En effet Abu Bakr ibn Sabiq al-Umawî nous a rapporté ce qui suit d'après Omar ibn `Ubayd, d'après al-A`mash : Un homme était venu voir Omar Ibn al-Khattâb – qu'Allah soit satisfait de lui – et il lui a dit :
« Ali – qu'Allah soit satisfait de lui – m'a frappé à la tête.» Omar demanda à Ali : « Pourquoi l'as-tu frappé à la tête ? » Ali répondit : « Je passai près de lui alors qu'il était, en altercation avec une femme et j'en fus épouvanté. J'ai donc prêté l'oreille à ce qu'il disait et je fus dégoûté par ce que j'ai entendu. Je l'ai donc frappé à la tête. » A ces mots, Omar dit : « Allah a des sentinelles sur la terre et Ali est l'une de Ses sentinelles.»
D'ailleurs, il existe sur ce chapitre de l'usage du comparatisme de nombreux hadiths de l'Envoyé d'Allah - qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix -. Mais la position de l'Envoyé d'Allah - qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix - est trop éminente pour qu'on pratique l'analogie à ce propos. Rappelons seulement quelques unes de ses Paroles :
«La tribu de Aslam (qui signifie être en paix) qu'Allah - qu'Il soit exalté - soit en paix avec elle ! La tribu de Ghifâr (terme arabe qui connote le pardon) qu'Allah - qu'Il soit exalté - lui pardonne ! » « Je ne l'ai pas dit, mais c'est Allah - qu'Il soit exalté - qui l'a dit ». « Allah - qu'Il soit exalté - a dit par la bouche de Son Prophète : Allah - qu'Il soit exalté - entend celui qui Le loue ». « Ce n'était pas moi qui parait en confidence avec lui, mais c'était mon Seigneur ».
Il parlait de Ali, qu'Allah - qu'Il soit exalté - soit satisfait de lui.
Revenons donc à l'évocation des demeures. Nous avons dit sur les serviteurs qui occupent cette demeure spirituelle : Celui qui les regarde les craint par contrainte ; celui qui les voit les aime par captivation et celui qui les rencontre se soumet à eux sous l'effet de leur domination. Allah - qu'Il soit exalté - cohabite avec leurs coeurs et la vérité cohabite avec leurs poitrines.
Ceci trouve son illustration dans ce que rapporte Sahl ibn Salim — qu'Allah le prenne en miséricorde —, d'après Suwayd ibn Sa‘îd al-Anbari, d'après Hafs ibn Maysara, d'après Ibrâhîm ibn Ahmad ibn Firâs, d'après Wahb ibn Munabbih qui dit que le Seigneur - qu'Il soit exalté --a dit :
« Vous construisez des maisons pour Moi. Quelle maison pourra-t-elle Me contenir ? Les cieux constituent un rembourrage pour Mon siège et la terre un emplacement pour Mon pied. Et tout ceci est Ma création et il M'appartient. Seul peut Me contenir le coeur du serviteur scrupuleux et pieux parmi Mes créatures ! »
De même Abdullâh ibn Abi Ziyâd nous a rapporté d'après Sayyar, d'après Ja'far ibn Sulaymân, d'après `Umrân al-Qasir que ‘Îssâ (Jésus) — que la paix soit sur lui — a dit :
« Où dois-je Te chercher Seigneur ? » Allah lui dit : « Auprès de ceux qui ont des coeurs brisés, car chaque Jour Je Me rapproche d'eux de la distance d'un empan. Sans cela, ce qu'ils ont construit s'écroulerait ».
Du reste, la Parole d'Allah dans le hadith rapporté par Gabriel — que la paix soit sur lui — :
« Je suis son coeur avec lequel il comprend », confirme toutes ces Traditions, parce que la lumière de la raison de ce serviteur s'éteint devant la lumière d'Allah - qu'Il soit exalté - qui a irradié son coeur. Autrement dit la raison n'a plus ici d'appui.
Cela dit, j'ai trouvé que les coeurs des créatures sont enfermés dans les prisons de l'âme. En effet parmi ces serviteurs il y a celui dont le coeur est resté enfermé dans la prison de son âme jusqu'à sa mort. Un tel serviteur a répondu à son Seigneur à partir de la prison de la sanction. Car en négligeant son coeur et en délaissant l'entretien de la Foi qui constitue sa vie et par laquelle il est honoré, il a récolté l'abandon. Son âme s'est emparée de son coeur d'où sa sanction. Car son coeur, est devenu un captif et un prisonnier à la merci des désirs.
Parmi d'autres serviteurs, il y a celui qui est parvenu par la ruse à faire sortir son coeur du bas monde pour tomber dans la vie future, où il est devenu prisonnier des souhaits. Un tel serviteur est semblable à un prisonnier qu'on a fait sortir des geôles des voleurs et des cachots vers le hall des visiteurs.
S'il quitte la vie future pour tomber dans la Royaume d'Allah - qu'Il soit exalté -, il sortira du Hall et de toutes les prisons. Il sera libre pour partir çà et là. Il ne cessera ainsi de se promener dans les possessions du roi jusqu'à ce qu'il parvienne à Son Seuil. Il s'installera là-bas jusqu'à ce qu'il acquière la connaissance. Puis il ne cessera, après l'acquisition de la connaissance, de fréquenter ces hauts lieux, jusqu'à ce qu'il reçoive une charge. Comme on a éprouvé sa fidélité, on Lui confiera une charge encore plus grande. Ensuite comme il se montre fort dans le respect de cette charge, il gagne la réputation d'être un excellent conseiller. Il obtient ainsi un rang élevé et gagne de la notoriété et du prestige auprès du Roi. Les choses ne cesseront ainsi de le pousser jusqu'à ce qu'il atteigne les rangs les plus élevés auprès du Roi. On lui confie un dépôt et il s'avère qu'il est fidèle. On l'honore d'une charge et il s'avère qu'il est un bon conseiller. Ceci jusqu'à ce qu'il s'empare de toutes les choses à Son Seuil pour acquérir une grande dignité auprès de Lui. Mais de tout ce que renferment les Trésors du Roi, il n'a qu'un seul désir insatiable, qu'une seule visée : C'est le désir de se mettre devant Lui et de se conformer à ce qu'Il aime en toute chose. Les choses ne cesseront ainsi de s'agrandir pour lui et il ne cessera d'être émerveillé par ses découvertes.
Un tel serviteur est un prisonnier d'Allah - qu'Il soit exalté -. Celui qui a mélangé les choses est un prisonnier des désirs et le mécréant est un prisonnier de Satan.
Ceci trouve sa confirmation dans la Parole de l'Envoyé de Dieu d'Allah - qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix - :
« Le bas monde est la prison du croyant ».
En effet, en raison de la réalité de sa Foi, le croyant a acquis cette qualité. Le bas monde est devenu pour lui une prison. En ce sens il est le captif d'Allah - qu'Il soit exalté -, car il est ennuyé et dégoûté de la vie jusqu'à ce qu'elle se termine.
Une fois la durée terminée, Allah - qu'Il soit exalté - le fera sortir de sa prison vers Ses jardins et prairies, de l'exiguïté de sa geôle vers l'immensité de Son voisinage, de son malheur vers Ses joies et Ses béatitudes, de l'effroi de ses craintes vers la demeure de Son assurance et de Son voisinage, de ses pleurs et ses lamentations vers Son sourire dans la demeure de Sa Sainteté.
Ici se termine ce livre par la grâce d'Allah - qu'Il soit exalté - et son assistance, et qu'Allah - qu'Il soit exalté - accorde infiniment la grâce et la paix à notre Maître Muhammad, le Prophète illettré
Serigne Fallou Mbacké et Baye Niass
13/11/2008 17:03 par emeu
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Serigne Fallou Mbacké et Baye Niass
13/11/2008 17:03 par emeu
Baye avec la communauté musulmane
Baye avait de bonnes relations avec toutes les franges de la population musulmane du Sénégal Baye Niass s'est rendu plusieurs fois à Tivaouane, (surtout au début du khilâfa de feu Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh). Lors d'une de ces visites, il lui est arrivé de passer la nuit dans la chambre de Serigne Ababacar sy. A son tour, il a reçu à Medina, Serigne Mansour Sy (frère de Serigne Ababacar Sy) accompagné d'une forte délégation. Il a également échangé plusieurs visites avec Serigne Abdoul Aziz Sy. D'ailleurs en 1973, lors du décès de Serigne Mbaye Niass, jeune frère de Baye, que Baye tenait en très haute estime, Serigne Abdoul Aziz Sy, venu présenter ses condoléances, reçut une marque de confiance de la part de Cheikh Ibrahim Niass qui lui demanda de diriger la prière mortuaire. Baye avait aussi d'excellentes relations avec la confrérie mouride de Touba. Il s'y est rendu pendant le khilâfat de Serigne Mouhammadou Moustapha Mbacke en 1951 et durant le khilâfat de Serigne Fallou Mbacké. C'est avec ce dernier que Cheikh Ibrahima Niass a eu les relations les plus suivies. Ces deux hommes étaient pour lui de vrais amis, ainsi que Serigne Bassirou qui était à Kaolack (Ndorong). Mais ce fut avec Serigne Fallou que les relations avec Touba connurent le sommet de leur dynamisme. Ainsi Cheikh Djibril Samb raconte qu'en 1964, Cheikh Ibrahima Niass a rendu visite à Serigne Fallou. Lorsque Baye le quitta, il le raccompagna jusqu'à Mbacké où il fit savoir à Baye et à l'ensemble de la suite : "Je n'ai jamais dépassé ce lieu-ci en raccompagnant mes hôtes de marque jusqu'au Président Senghor. Il ajouta : Mais, j'irai avec vous jusqu'à Diourbel, chose d'autant plus inédite que Cheikh Fallou Mbacké le justifia ainsi : vous êtes une personnalité d'exception, c'est pourquoi je vous raccompagnerai plus loin que quiconque. Outre les milieux religieux de Tivaouane et de Touba, Baye entretenait des liens étroits avec le milieu Layêne par le biais de leur premier khalife et avec la famille de Ndiassane dont certaines personnalités ont achevé ou effectué une partie de leur formation à Médina-Baye, en l'occurrence Serigne Mouhammadou Kounta imam et Bécaye Kounta
Cheikh Mouhammadoul Amine Ibrahim Niass
17/10/2008 16:30 par emeu
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Cheikh Mouhammadoul Amine Ibrahim Niass
17/10/2008 16:30 par emeu
Baba Lamine Niass
LE VIVIFICATEUR DE LA FOI.
Baba Lamine, comme on l'appelle affectueusement, à Medina Baye, est un homme à la stature spirituelle et intellectuelle insondable. Parti avec le groupe des huit (8) envoyés par Cheikh al Islam Baye Niass au Caire poursuivre leurs études supérieures, il fut partie des plus brillants, ce qui lui permit de décrocher de manière éclatante un doctorat.
Consul général du Sénégal en Arabie Saoudite, Baba Lamine n'en demeure pas moins en dehors de ses obligations diplomatiques un Professeur de talent, un Cheikh avant-gardiste, un orfèvre du verbe fécond qui aujourd'hui se pose comme l'héritier légitime du cheikh al islam en matière de poésie en particulier. Une fois en vacance au Sénégal, Baba Lamine se lance dans son activité favorite : animer des conférences et des séances de zikr. Ce qui poussa, un jour, un orateur à l’appeler Baba zikri (baba l'invocateur).
Cheikh Mouhammadou Amin Ibrahim Niass est un véritable artiste du "zikr". Il est un brillant un conférencier éloquent qui s'est plusieurs fois exprimé devant des auditoires de diverses nationalités : au Sénégal, en Libye, en Arabie saoudite ou ailleurs, ou souvent dans des débats contradictoires avec des oulémas de haut niveau.
Au Sénégal comme ailleurs, Baba Lamine est à l'image de son père : le nôtre est le poète du prophète Mouhammad (s.a.w) avec une charge émotionnelle si intense qu'il plonge son assistance dans l'extase. Son frère attestera que : "cheikh Mouhammadou Amin Ibrahim Niass est le dépositaire de cet amour du prophète de l'Islam".
Zeyda Mariama Niass: L' amour envers le coran
16/10/2008 19:00 par emeu
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Zeyda Mariama Niass: L' amour envers le coran
16/10/2008 19:00 par emeu
Cheikha Mariama Niass
Seyda Mariama Niass, vous êtes la fille du vénéré Cheikh AI Islam, Ibrahima Niass «Baye», vous êtes aussi à la tête d'une école coranique et Franco-Arabe.
Pourriez-vous vous présenter un peu plus ?
Assalamou halaikoum ! Je suis Cheikha Mariama Ibrahima Niass, fille de Baye Niass et de Aissatou Sarr. Je suis née dans le Sine-Saloum, plus précisément à Kowssi, là où mon vénéré père, Cheikh Ibrahima Niass, a lancé la Fayda. Ensuite, j'ai grandi à Médina Baye à Kaolack et j'ai intégré très jeune l'école coranique. En fait, alors que je n'avais que 5 ans, Baye Niass disait qu'il voulait se charger personnellement de mon éducation coranique. Au moment de son premier pèlerinage à La Mecque, mon père avait décidé de me confier à quelqu'un d'autre, puisqu'en ces temps-là rallier La Mecque était une épreuve difficile, il arrivait même que des pèlerins meurent en cours de route. Baye Niass me confia alors à un Maure du nom de Ahmad Ould Rabahni pour mon apprentissage coranique. Ce dernier avait un fils qui s'appelait Mohamed ould Rabahni Abdallah qui se relayait avec lui pour assurer notre initiation. J'ai continué comme ça mon apprentissage jusqu'au retour de mon père de La Mecque. Par la suite, j'en étais arrivée à maîtriser totalement le Coran, alors que Baye Niass m'avait enseigné à côté quelques secrets du Livre Saint. Ensuite, ce fut au tour d'un certain Ahmad Thiam d'assurer la partie ésotérique de l'enseignement, sous l'insistance de mon père. Par la suite, je me suis mariée avec Ahmadou Kane, que tout le monde connaissait à l'école coranique de l'avenue Malick Sy. Mais j'avais toujours rêvé de fonder ma propre école coranique. J'ai ouvert mon premier Dahra en 1951 et beaucoup d'enfants sont passés sous ma main.
Peut-on savoir vraiment votre date de naissance ?
Je suis née le 12 décembre 1934 et je suis venue à Dakar en 1951. Je me suis mariée dans la foulée et c'est mon mari qui m'avait offert sa maison pour que j'en fasse une école coranique. Comme je le disais aussi, je ne peux plus compter le nombre d'enfants qui ont été formés dans cette école.
Combien d'enfants a eu votre maman quand on sait l'importance de la descendance du Cheikh AI Islam ?
J'ai 4 frères et 4 soeurs de même père et de même mère. L'aînée se nomme Fatoumata Zahra, c'est la maman de l'actuel Imam de la mosquée -de Médina Baye, Assane Cissé. J'avais une autre soeur qui s'appelait Khady, malheureusement elle est décédée récemment. II y a ensuite Rokhaya, Oumou Khalsoum, Hawa Niass et j'ai une petite soeur qui s'appelle Oumou Khayri. Moi, je viens avant Oumou Khayri. Parmi les garçons, il y a feu El Hadji Abdoulaye Niasse, c'était l'aîné de Baye Niass, Serigne Makhi Niass, Mouhamadou Lamine dit Baba Lamine. J'ai d'autres frères et soeurs aussi qui sont décédés. Ma mère aussi est décédée trop tôt, à l'âge de 35 ans.
Quelles étaient vos relations avec votre père, Baye Niasse ?
(sourire) J'ai vécu plein de bons moments aux côtés de Baye Niass et je n'ai que des souvenirs extraordinaires avec lui. En tant que père, il m'aimait beaucoup et a toujours eu à mon égard un regard à part. Nos relations étaient toujours exclusives. Je ne le dis pas pour tirer la couverture à moi, mais je rends grâce à Dieu d'avoir eu de telles relations privilégiées avec Baye Niass. C'est Dieu même qui dit dans le Coran que «Nul ne doit s'autoglorifier à part Dieu qui se connaît mieux que quiconque». Mais cela n'empêche qu'il faut rendre grâce aux personnes à travers Dieu bien sûr et témoigner de ses bienfaits. Il faut toujours arriver à discuter et à témoigner de la Miséricorde de Dieu et cela Baye Niass ne cessait de l'enseigner. Mon père n'a cessé de m'aimer et ma mère aussi adorait Cheikh Ibrahima Niass. Mon père m'a tellement chouchoutée qu'il m'amenait très souvent avec lui dans ses voyages. Quand je suis parvenue à maîtriser entièrement le Coran, mon père était si heureux qu'il m'avait offert deux coffrets d'or de la valeur de plusieurs dollars. En plus de cela, enfant, un cheval m'avait mordue et Baye Niass s'était précipité ensuite pour m'offrir l'animal. Pour montrer à tous les notables de la ville de Médina Baye et maîtres coraniques que sa fille maîtrisait le Coran. Baye Niass avait organisé alors des séances du récitation après la dernière prière du soir. Pendant trois nuits, devant une assemblée exigeante, je récitais 20 versets du Coran à chaque fois. Il en était comme ça pendant les trois nuits et après la prière du soir. Au terme de cette troisième nuit, mon père avait organisé une grande fête en mon honneur et avait convié toute la ville. J'ai eu la chance aussi d'avoir un époux qui aimait les textes saints et c'est comme cela que quand je suis venue rejoindre le domicile conjugal à Dakar, dans lequel mon mari m'avait aménagé une grande place pour démarrer l'école coranique. Des gens amenaient leurs enfants de partout, du Sénégal, du Nigeria, du Togo, du Ghana, etc. Il a fait aussi que tout fonctionne bien dès le début.
Comment s'est passée ensuite votre initiation à l'aeuvre de votre père ?
A côté de mon apprentissage du Coran, mon père avait toujours veillé à ma spiritualité et à l àge de 15 ans je prenais le wird Tidjane qui est un des points de départ de l'enseignement de Cheikh Ahmed Tidjane et de Baye Niass. Et avant de me marier, mon père avait fait en sorte que je fasse le Tarbiyou, c'est-à-dire aller à la quête de Dieu et de ses innombrables secrets. Je tire tout mon bonheur de l'enseignement du Coran aux enfants. Je dirais même avec beaucoup d'humilité que je tire tous mes succès de là. Une fois, au début de son premier mandat dans les années 80, le Président Abdou Diouf avait fait un voyage à Taïba Niassène et un de mes élèves avait récité devant lui et de fort belle manière quelques versets du Coran. Séduit, le Président Diouf avait demandé à l'assistance l'origine de cet enfant et de son école. On lui avait alors répondu que c'était l'élève de Seyda Mariama Niass, une des filles de Baye Niass qui se trouve à Dakar. Abdou Diouf s'est approché alors de moi et m'a dit : «Madame, comment se porte votre école ?» Je lui ai alors répondu que nos locaux étaient très exigus et que j'avais de plus en plus de problèmes pour recevoir les enfants. II m'a alors dit de venir le voir à son retour à Dakar.
Et vous êtes allée ?
Oui. Quand je suis allée à l'audiance, l'ancien Président du Sénégal m'a offert un terrain de 35 000 m2 ( le téléphone sonne et elle s'énerve un peu ). C'est l'endroit ou l'on se trouve actuellement et la pose de la première pierre s' était effectuée en 1984. Mais l'on a vraiment achevé les traveaux qu'en 1994. L'inauguration s'était faite en présence de Sultan, un prince Saoudien. II fait partie de la famille de Abdul Aziz bin Fahd, Emir Sultan. Par la suite, je m'étais rendue à la Mecque avec un de mes élèves et des femmes de là-bas m'avaient réservée un accueil de premier plan. Elles étaient même étonnées par ma maîtrise du coran et me posaimt des questions sur mes méthodes d'enseignement. Ce qui se passait, c'est qu'elles mettaicnt plus d'une année à arriver au résultat que je réalisais en peu de temps. C'était en 1986-1987 et des écoles et des associations féminines de l'Arabie Saoudite me réclamaient beaucoup. J'étais allée également à Abu Dhabi, une dame Cheikhna Fatima, était tombée sous le charme de mes élèves et m' avait dit qu'elle m' aiderait pour l'èrection de mon école au Sénégal. Mais, en retour, elle me promettait la nationalité de son pays pour que je reste là-bas à enseigner le coran aux petits Arabes. Ce que j'ai refusé parce que pour moi, ma mission était au Sénégal, mon pays. Je lui ai alors dit d'amener ces petits au Sénégal si elle le voulait pour leur apprentissage. Mais entre-temps, Cheikhna Fatima avait respecté sa parole et m'a beaucoup aidée pour mon école coranique de Dakar.
Combien avez-vous investi dans votre école ?
Je ne saurais le dire pour la bonne et simple raison que j'ai investi là-dedans sans calculer. Dès que je recevais de l'argent, je le mettais dedans sans calculer. Mais c'est une grosse somme.(Elle se tourne vers son homme de Confiance qui explique à sa place) : «C'est quelque chose qu'on a réalisé en plusieurs fois et non d'un seul coup. Pour la construction du premier bâtiment, cela s'est fait après la subvention du Sultan Ben Abdul Aziz lors du 6e sommet de l'Oci en 1991. On avait participé aux activités du sommet et organisé des lectures de coran. Cela avait fait un grand effet et à la suite de ça, le sultan nous avait donné 200 000 dollars (environ 100 millions F Cfa) et avec cette somme nous avions érigé le premier bâtiment. Ensuite, Cheikha Mariama a poursuivi la construction avec ses propres moyens. C'est en 2000, lors d'une visite du ministre de l'Interieur Saoudien qui avait donné une somme du même ordre que Sultan, que nous avions terminé le deuxième bâtiment. Mais il y a deux à trois bâtiments que nous avons construits sur fonds propres. Tous les autres sont le fruit de dons.»
Vous avez des méthodes d'enseignement originales qui font la réputation de votre école. Quel est votre secret ?
Je dirais tout simplement que c'est un don de Dieu (elle récite un verset pour remercier le bon Dieu). Mon père était témoin de mon amour pour le Coran et j'avais souvent voyagé avec lui pour des périples intellectuels à travers le monde musulman. Et j'avais enregistré les méthodes d' enseignement des Arabes au fil de ces voyages. Mais personne ne m'a rien appris, même pas un marabout. J'ai tout emmagasiné toute seule. C'est après que je suis venue appliquer les mêmes méthodes à mes élèves et quand je vais à la Mecque, on me répètent souvent que mes élèves récitent le Coran comme peu d'enfants. Je pense que ce sont les bienfait de notre Seigneur et ceux de mon vénéré père.
Qu'est-ce que votre père, Baye Niass, vous aurait-il légué de spécial sur le plan spirituel ?
Il m'a l'égué beaucoup de choses sur le plan spirituel. Beaucoup de choses que je ne saurais énumérer.
Comme quoi ?
Vous savez je me Iève tous les jours à 4h dit matin, ensuite je réveille les enfants et l'on apprend le Coran jusqu'à la première prière de l'aube. Après la prière, ils rejoignent l'école coranique et moi, je me recouche un peu. On continue sur ce rythme toute la journée, à leur retour de l'école. Mais c'est une activité qui me comble, j'aime infiniment le Coran et son enseignement.
Faites-vous toujours dans l'enseignement ?
Jusqu'à ce matin encore j'ai enseigné le Coran à mes petits (rires). Je ne fais que ça et je le ferais encore tant que ma santé me le permettra. J'ai enseigné le Coran à des enfants qui sont devenus aujourd'hui de grandes personnes et qui m'aident actuellement à tenir la barque. La personne que vous voyez là-bas, en fait partie (elle désigne du doigt un homme couché derrière le lit). Quand il est venu ici pour la première fois, il n'avait que 4 ans et il était arrivé du Togo. Toutes les grandes personnes qui se trouvent dans cette maison m'aident à tenir l'école, alors qu'au début j'étais toute seule à Malick Sy. Une fois, un ministre algérien était venu à la maison me rendre visite et j'avais appelé les enfants pour qu'ils lui récitent des versets du Coran comme cela se fait de coutume ici. On a commencé à discuter, je lui ai servi à boire et, au bout, il m'a demandé de lui montrer mon école. Je lui ai alors répondu que c'était ça mon école, une chambre où les enfants venaient apprendre le Coran. Il s'est alors étonné et n'en croyait pas ses oreilles. Il m'a ensuite demandé comment je faisais quand il n'y avait plus de places dans la chambre. -le lui ai dit qu'on ouvrait alors le salon, le perron, la mosquée, pour les autres, bien vrai que la situation n'était pas commode. A la suite de ça, je m'étais rendue un jour au Nigeria et de là-bas, on m'a appelée de Dakar pour me dire que les Algériens avaient acheminé du matériel de construction à la maison. Le ministre m'a alors remis, à mon retour, 45 millions et m'a dit que c'était pour l'achat d'une maison mieux lotie. C'est avec cet argent que j'ai acheté la maison de Mermoz.
Pour quelles raisons habitiez-vous avant dans une maison exiguë ? Etait-ce volontaire ?
Non. Mais je n'avais pas le choix et il faut savoir que j'avais déjà beaucoup d'enfants à ma charge et vous savez comment ils sont, Les petits sont très turbulents et ce n'était pas évident. Mais mon mari m'épaulait beaucoup et tic rechignait jamais à me donner des moyens ou d'autres espaces pour accueillir les enfants. J'ai accueilli ici des enfants qui" sont devenus d'éminentes personnalités et des hommes reconnus dans le pays. Quelqu'un comme Babacar Ndéné Mbaye a été à mon école et d'autres personnes connues, des ministres.
Est-ce que ces personnes connues vous ont aidée en retour ?
Ils ne me sont d'aucun secours. Ils ne m'ont jamais aidée. L'autre jour, j'ai croisé Babacar Ndéné en Mauritanie lors de la prestation de serment du nouveau Président mauritanien qui est un disciple de Baye Niass et en même temps un frère. Babacar m'a alors dit qu'il était maintenant à Paris avec le Président Abdou Diouf et il m'avait dit qu'il me rendrait visite. Je ne l'ai toujours pas vu.
Quels sont vos rapports avec vos autres frères, Baba Lamine Niass, Serigne Mamoune Niass ?
Ce sont mes frères, mais en plus je les ai éduqués tous à la mort de leur mère qu'ils ont perdue très tôt. Que ce soit Baba Lamine, SerigneMahi, SerigneMamoune, ils sont tous passés entre mes mains très petites. C'est ma propre mère qui les avait pris en charge dans le Dahra. A la mort de maman, j'ai pris le relais. Il en était ainsi de leurs propres enfants que j'ai contribué à enseigner le Coran. Mais j'entretiens de très bonnes relations avec tous mes frères et cela va de Fatoumata Zahra, l'aînée, au plus petit d'entre eux. Ils m'ont toujours soutenue en retour et je leur en ai reconnaissante. D'ailleurs, ils m'ont toujours confié leurs enfants et c'est là une preuve de leur gratitude envers moi.
Quelles sont vos relations avec Moustapha Niasse, le patron de l'Afp ?
Moustapha est mon petit frère. Je l'ai beaucoup suivi et veillé sur lui quand il était étudiant au lycée.
Mais il se dit que Moustapha Niasse est passé par vous pour se servir du nom des Niassène ?
(Elle se braque) Je ne veux pas qu'on mêle à la discussion des affaires de politique. Je préfère qu'on parle de mes activités dans l'enseignement du Coran.
C'est juste pour éclaircir vos relations avec Moustopha Niasse ?
Je vous ai dit que, quand il était jeune lycéen, c'est moi qui l'ai accueilli. Quand il est parti à Saint-Louis également pour ses études, j'étais témoin. Au moment de se marier aussi, j'étais présente. C'est un jeune frère qui a toujours eu beaucoup de considération pour moi. Il m'aime bien et pour preuve, il n'a que deux filles : l'une d'elles porte le nom de sa maman et l'autre est mon homonyme. II me considère comme son aînée et sa grande-soeur. Mais moi je n'aime pas la politique et je ne m'aventure jamais sur ces considérations.
Avez-vous vraiment des liens de parenté ?
Je peux dire que c'est la même famille en quelque sorte. Mais Moustapha n'a pas connu son père, il est décédé trop tôt. Moustapha n'a qu'un frère et il porte le nom de Baye Niass. Même ce dernier n'a pas trop connu son père puisqu'il est décédé alors qu'il n'avait que quelques mois. C'est mon père, Cheikh Al Islam, Ibrahima Niass qui a alors éduqué Moustapha et son frère.
Mais il se dit que rien ne vous lie à Maustapha à part le nom de famille ?
(Elle coupe) C'est juste des racontars, des rumeurs, mais je peux vous jurer que Moustapha est de la famille. D'ailleurs, si vous allez à Taïba Niassène, vous pourrez voir la tombe de son père. Je vous dis que Moustapha ne connaît pas son vrai père et que c'est Baye Niass qui a tout fait pour lui. Il s'est occupé de lui entièrement, comme un vrai père.
A part le Sénégal, est-ce qu'il vous arrive de voyager pour dispenser des cours du Coran ?
Je rends encore grâce à Dieu de me donner encore la force de parcourir le monde pour enseigner le Coran. Je ne m'arrête pas et je suis tout le temps en déplacement. C'est Dieu qui recommande dans le Coran de parcourir la terre pour étendre ses connaissances. C'est ce qui me confère d'ailleurs toute cette expérience dans l'enseignement. Je suis reconnue partout et même à La Mecque, ils savent qui je suis. J'ai été une pionnière au Sénégal et je me suis investie très tôt et tous ceux qui s'agitent maintenant ne pensaient pas le faire à l'époque.
Quelle langue parlez-vous quand vous vous rendez ailleurs que dans les pays arabes ?
Disons que je continue à parler arabe ou bien quand le besoin se fait sentir, je me débrouille comme je peux. Mais en général quand je ne me rends pas dans les pays arabes, je vais chez les Haoussa et eux je m'entends bien avec eux. D'ailleurs, ici dans mon école, j'ai beaucoup de jeunes Haoussa avec moi. Je me débrouille, même en anglais, I try (rires).
Où avez-vous appris l'arabe ?
Dès que j'ai été en âge de parfaire le Coran, mon père m'a appris l'arabe. Je n'ai jamais été ailleurs pour apprendre l'arabe puisque mon père n'était jamais allé ailleurs non plus pour apprendre quoique ce soit. Tout ce qu'il savait, il l'avait appris dans la cour de son propre père. Il en a été pareil pour nous tous. Même ceux de mes frères qui étaient allés en Egypte avaient déjà des savoirs. Mais mon père tenait à ce qu'ils aillent là-bas pour s'ouvrir au monde et voir d'autres choses. Mais ils avaient déjà le bagage nécessaire pour aller partout.
Est-ce que vous pouvez revenir sur l'épisode de votre petit élève qui avait été tué par une grenade vers l'Université de Dakar ?
Oui, d'ailleurs j'avais sa photo ici dans ma chambre. Elle est où la photo ? (elle se tourne vers ses hommes de confiance). il s'appelait Moustapha Fall. Mais avant ça vous devriez savoir pourquoi j'ai ouvert l'école. Je m'étais rendu compte, qu'à chaque fin d'année scolaire, tous les enfants regagnaient leurs domiciles et la maison devenait vide. A la suite de ça, j'avais décidé d'ouvrir l'école coranique pour retenir les enfants ici, durant les vacances scolaires. Je ne connais rien de l'enseignement français, mais j'avais remarqué que certains petits n'avaient rien à faire à la descente de l'école française. Je m'étais juré que j'y mettrais fin et c'est comme ça que j'ai ouvert des écoles coraniques un peu partout.
D'où vous vient votre amour pour les enfants ?
C'est le fait du Bon Dieu et je n'y suis pou rien. J'ai toujours été avec les enfants et je crois que c'était écrit. C'est une mission. Vous voyez ce petit-là, il s'appelle Ahmad (un charmant bout d'homme de type mauritanien monte alors sur le lit à ses côtés), sa maman me l'a envoyé alors qu'il n'avait que deux jour; Elle m'a téléphoné en me demandant à quel âge je récupérais les enfants. Je lui ai répond que je les prenais autour de 4 ans et elle m'a alors promis qu'elle me l'amènerait à sa naissance et elle a respecté sa parole. Ahmad n'avait que 2 jours. Et il y a des cas similaires aussi d'autres enfants qui sont venus de la Mauritanie, du Nigeria et d'autres pays d'Afrique. Un jour, mon frère Aladji Abdoulaye m'a appelée pour me dire qu'on lui avait envoyé un enfant et qu'il allait me le renvoyer, c'est l'autre Mohamed que vous voyez là-bas (il désigne un enfant d'une dizaine d'années qui pianote sur l' ordinateur). A l'âge de 5 ans, il était en mesure de réciter tous les versets du Coran.
Est-ce que les parents reviennent vers vous pour récupérer leurs enfants ?
Non, c'est une sorte d'hadiyya qu'ils font et ils savent que leurs enfants ne pourront recevoir meilleure éducation qu'ici. Je ne devrais même pas en parler, mais ces enfants croient tout simplement que je suis leur maman.
Mais avez-vous des nouvelles de leurs parents ?
Je ne peux pas en parler, c'est un secret.
Vous vous êtes rendue récemment à Londres sur une invitation pour participer à une conférence. Pouvez-vous nous en faire l'économie ?
Tout est parti d'un coup de fil de l'ambassadeur du Sénégal en Grande-Bretagne. II m'a appelée un jour en me disant que j'avais reçu une invitation du gouvernement britannique et de Tony Blair (l' ancien Premier ministre) pour participer à une conférence sur l'islam. Ils tenaient alors à ce que je participe à la conférence. Ils m'ont alors envoyé le nécessaire : les billets d'avion, le visa. Et ils sont venus m'attendre à la descente d'avion et m'ont conduite à l'hôtel. La conférence a duré deux jours et à chaque fois, elle commençait à 8h du matin pour se terminer à 8h du soir. Il y avait beaucoup de monde, au moins 300 personnes.
Quelle a été votre contribution à cette conférence ?
C'était essentiellement un échange sur l'islam et on a cherché les voies pour lever toutes les incompréhensions qu'il peut y avoir autour de notre religion. C'était d'ailleurs le viatique de Baye Niass et il m'a éduquée dans ce sens. J'ai tenu aussi à les remercier puisque c'est Dieu qui dit qu'il nous a tous créés de la même façon, hommes, femmes, pour qu'on se retrouve tous. Dieu parle en fait à tous les gens du Livre dans un même langage qui est celui de la Miséricorde et de la Paix. C'était une invitation au dialogue pacifique et c'est quelque chose qui m'a touchée parce que l'Islam est une religion de paix. Il n'y a pas de haine dans l'Islam. Dieu appelle à la concorde et eux aussi l'ont compris pour m'avoir invitée. La première chose qu'un musulman dit à son prochain c'est Assalamalaikoum. Ce qui est une invite à la paix. L'autre dit en retour Mouhalaikoum Salam, qui est un retour de l'invite à la paix et un message pacifique.
Londres est une ville qui n'est pas épargnée par le terrorisme islamiste. Avez-vous évoqué ce sujet lors de la conférence ?
Bien sûr, des personnes l'ont évoqué là-bas (son homme de confiance Ben Amar, explique à son tour): «C'est-à-dire que l'intérêt de la conférence était de conscientiser les médias contre la déformation que les terroristes font de l'Islam. Il y avait 300 invités, tous de grands décideurs du monde et d'éminents musulmans et le but était de les faire réagir à la face du monde pour qu'ils expliquent les vraies aspirations de l'Islam. Et Cheikha Mariama a été invitée dans ce but là au même titre que les autres personnalités pour apporter sa contribution. Son discours a été tiré du Livre et Cheikha a fait parvenir le message comme quoi Dieu a créé les hommes pour qu'ils se comprennent et se retrouvent. L' ignorance étant un vice, il faut la combattre pour arriver à la concorde, à la paix. On a voulu faire comprendre aussi que l'appel était opportun puisque c'est Dieu qui nous invite à nous réunir et à échanger dans le bien de toutes les communautés. L'Islam appelle à la tolérance et la diversité ne doit pas être source d'antagonisme. Maintenant, il y a 2 millions de musulmans en Grande Bretagne et 20 millions de musulmans dans toute l'Europe. Alors, aussi bien Tony Blair que le Prince Charles ont reconnu l'importance de l'Islam dans le monde et se sont retrouvés autour des valeurs de tolérance de l'Islam. Tony Blair a même raconté qu'un jour qu'il se promenait et qu'un jeune garçon l'avait interpellé en lui disant que l'Islam était une religion de terroriste. L'ancien Premier ministre lui aurait rétorqué alors les musulmans n'étaient pas tous comme ça et qu'ils croyaient même en Jésus. Le jeune garçon n' en revenait pas. Les Européens ont des voisins musulmans et ils veulent comprendre cette religion.»
Quel était le thème de la conférence ?
Ils l'ont en fait appelé Islam and theMuslim in the world today (Llslam et les musulmans dans le monde d'aujourd'hui). C'était du 4 au 5 juin 2007 à Londres. C'est une conférence qui était parrainée par l'université de Cambridge et c'était inclus dans le programme du Cambridge Interface Program (Le programme inter religieux de Câmbridge). Ils ont réfléchi là-dessus et c'est à la suite de ça que le gouvernement anglais a pris le relais. II y avait à la fin des invités de partout, de l'Egypte, de la Bosnie, de partout.
Est-ce que vous avez donné l'exemple du Sénégal où le dialogue islamo-chrétien est en cours ?
C'est bien possible, mais je ne voudrais pas trop m'épancher là-dessus. De toute façon, il y a au moins 95 % de musulmans au Sénégal et les 5 % sont d'autres croyances. Mais je pourrais revenir aux indications de Jésus qui avait prévenu son peuple de l'arrivée d'un autre prophète, Ahmad. Mais on a des valeurs communes. J'ai même élevé de jeunes chrétiens dans mon école pour vous dire l'esprit qui nous anime. Mais l'Islam est une religion de paix et Gordon Brown, le remplaçant de Tony Blair, l'a rappelé lors de la conférence en disant que tout était paix dans l'Islam.
Est-ce que l'ambassadeur du Sénégal en Angleterre est entré en contact avec vous ?
Il n'était pas invité à la conférence, mais à mon arrivée à Londres, j'ai téléphoné à l'ambassade pour leur dire que j'étais sur place. Je suis tombée tout le temps sur sa secrétaire et j'ai tout le temps laissé des messages. J'ai laissé pourtant mes coordonnées, mais ils ne m'ont jamais rappelée.
Est-ce que votre travail est reconnu au Sénégal ?
Je pense qu'ici les gens ne prennent pas la pleine mesure de ce travail. Les gens font mine de ne rien voir. Peut-être qu'on me prend pour une politicienne, mais c'est qu'ils n'ont rien compris. Je n'ai jamais voté pour personne et je ne me mêle pas de ces choses-là.
Est-ce que votre école franco-arabe bénéficie de la même subvention que les autres écoles privées ?
Oui, je pense que c'est quelque chose de normal et personne n'y peut rien. Mais on a beaucoup diminué la subvention. Aujourd'hui, il y a près de 400 élèves dans l'école et la subvention n'a pas évolué. Elle est restée là même.
A combien s'élève la subvention ?
C'est vraiment insignifiant. C'est tellement symbolique pour une école de cet ordre. La somme s'élève en fait à 5 millions de F Cfa. Cela n'est rien comparé à la charge de l'école, quand on sait qu'on a créé plus de 100 emplois dans l'établissement. Mes charges s'élèvent chaque mois à 7 millions Cfa.
Combien d'enseignants employez-vous ?
On a des enseignants sénégalais, mauritaniens et égyptiens. La ligue islamique aussi m'envoie des enseignants.
En tant que personne qui oeuvre dans le domaine de l'Islam et de la religion, avez-vous remarqué quelque chose dans la société sénégalaise qui est contraire aux préceptes du Livre ?
Il y a beaucoup de choses qui ne me plaisent pas dans la société sénégalaise. Le prophète Mohamed (Psl) a dit qu'un bon musulman qui voit des choses contraires au Coran doit faire en sorte de les corriger. Ici, certains films et messages de quelques médias me désolent. Je pense que c'est à l'encontre de l'éducation de nos enfants. Rien ne peut plus éduquer nos enfants que le seul enseignement du Coran. Il y a des choses que je m'interdis même d'évoquer et qui me peinent beaucoup.
Mais que pensez-vous de la libération et de la tendance des jeunes filles à boire de l'alcool, à s'habiller indécemment et à fumer ?
Ce qui m'attriste le plus c'est que ce sont des musulmans qui le font. C'est ça le plus grave. Mais le prophète Mohamed (Psl) a dit que la maman est la première école chez l'enfant. Moi, je fais en sorte de bien éduquer ces enfants et tous pourront vous répondre, même le plus petit, que seul Dieu est notre bienfaiteur, que le prophète Mohamed (Psl) est notre guide, que notre lieu d'orientation est La Mecque, que l'Islam est notre religion.
Pour vous quelle est la cause de tant de pertes de valeurs ?
Mais de toute façon l'on est dans une société qui n'a plus de valeurs, tout est par terre. Comme je l'ai dit tantôt, c'est le Sénégal qui a changé et se laisse influencer par toutes sortes de tendance. C'est des choses qui n'existaient pas ici mais maintenant on tue, on vole, on ment sans se soucier de rien. Les Sénégalais étaient pas comme ça. Mais j'exhorte les parents à se battre et à réussir l'éducation des enfants. Et tout part en fait des mamans, c'est elles qui impulsent la bonne tenue de l'enfant. Je dis aussi aux femmes de retourner vers Dieu. Il ne faut pas que les femmes oublient qu'avant la survenue de l'Islam, elles n'étaient rien. A leur naissance, on les tuait même. C'est à la venue du prophète Mohamed (Psl) que tout ça a cessé puisque Dieu a descendu un verset en ce sens. Maintenant, tout est permis aux femmes et même en bien. Elles parviennent à apprendre rapidement le Coran et à devenir des ingénieurs, de grandes personnalités. Mon père disait toujours que ses filles devaient rivaliser avec les hommes dans le domaine du savoir et non celui des futilités du monde matériel.
Que pensez-vous de la parité ?
Je ne suis pas d'accord sur le fait que les hommes et les femmes aient le même traitement parce que Dieu ne l'a pas dit ainsi. Ce que Dieu dit c'est que l'homme à une primauté sur la femme. Mais ça ne veut pas dire que l'homme est meilleur que la femme, mais c'est juste un problème de respect. Dieu a tranché ce débat depuis Adama et Awa et a toujours dit que là où la femme a une part, l'homme en aurait deux. On ne peut pas alors les mettre à égalité.
Que pensez-vous du projet de modernisation des Dahra par le gouvernement ?
Moi, mon Dahra est déjà moderne et, dans ce sens, je ne peux rien dire sur leur projet. J'ai toujours été moderniste et mes enfants n'ont jamais mendié dans la rue, ils n'ont jamais eu faim et ils ont toujours été éduqués. Les images de la télé sont là pour le confirmer puisqu'il y a eu beaucoup de documentaires dans ce sens. J'ai veillé aussi à ce qu'ils y travaillent avec des ordinateurs, c'est dire...
Que représente pour vous la ville de Kowssi ?
C'est mon lieu de naissance, mais c'est aussi de là-bas qu'est partie la Fayda de Baye Niass. Mais mon père est né à Taïba et c'est à Kowssi qu'il s'était implanté. C'est une longue histoire que j'aurais du mal à raconter ici. (son homme de confiance reprend le relais) :«En fait, la Fayda avait été annoncée par Cheikh Ahmed Tidiane Chérif et il avait prédit qu'un moment viendrait où beaucoup de gens adhéreront à cette voie-là. II avait donné aussi les caractéristiques physiques de l'homme qui prendrait le relais. Beaucoup d'hommes religieux ont eu à déclarer que Cheikh Tidiane faisait référence à eux. Et la particularité de Baye Niass, c'est qu'il a fait son appel en 1929 à Kowssi et à la suite de ça, beaucoup sont venus répondre à son appel. Et l'importance de cette période pour Cheikha Mariama, c'est qu'elle est née vers ces années où Baye Niass faisait son appel à la Fayda. Alors un jour, on est venu trouver Baye Niass pour lui dire qu'une de ses femmes venait d'avoir un enfant. Il a demandé après le sexe de l'enfant et on lui a répondu que c'était une fille. Baye Niass a répliqué en disant que Dieu n'avait pas fait ce qu'il lui avait prédit et que, de toute façon, même si elle était de sexe féminin, elle attrait un comportement de garçon.»
Comment gérez-vous la prise en charge médicale des enfants ?
C'est très difficile à gérer, mais, je m'en remets à Dieu qui m'aide toujours à m'en sortir. Je fais tout et je m'occupe de tout. Il m'arrive même d'emmener des enfants au pèlerinage à La Mecque, alors que certains de leurs parents n'ont jamais été dans les Lieux Saints.
Pouvez-vous estimer vos dépenses dans le volet social ?
C'est beaucoup d'argent en tout cas et je ne peux pas l'estimer comme ça. Mais je sais que je m'occupe de trois maisons, à Mermoz, Sacré-Cœur et à Malick Sy. Et il y a plus de 100 internes dans ces trois maisons. Je dépense au moins 4 sacs de riz par jour. Mais Dieu m'aide et je le fais en pensant que c'est le Seigneur qui récompense nos bienfaits. Je n'ai jamais été une femme qui paresse en attendant que son mari lui donne la dépense quotidienne. Je me suis toujours débrouillée toute seule. C'est le conseil que je donne à toutes les femmes, faites-vous respecter en vous débrouillant.
Que pensez-vous de la prolifération des Dahra au Sénégal ?
Je m' en remets encore à Dieu et j'observe tout ça en personne qui croit en la bonté divine. C'est comme l'entrepreneur de société qui disait que le jour ou il n'y aurait plus plus de Concurrence, il fermerait son entreprise. Je suis contente que les Dahra pullulent, Comme ça tous les cnfants auront une chance d'apprendre le Coran. C'est une bonne chose.
Qu'est-ce qui vous lie à Ahmed Khalifa Niass et à Sidy Lamine Niass ?
Ce sont des frères. Et leur père était le khalife de Baye Niass. Un de mes enfants, Mohamed est son homonyme. Mais le papa de Sidy Lamine et Ahmed Khalifa était non seulement mon père, mais il était très proche de moi et tous ses enfants sont passés entre mes mains. Et Baye Niass aussi a contribué à l'éducation de Sidy et Ahmet puisqu'ils connaissent peu leur Père.
Y aurait-il eu des différends entre Baye Niass et son frère Mohamed Niass, père de Sidy et Ahmed Khalifa ?
Je pense que c'est des choses qui n'ont plus de sens parce que c'est du passé et Dieu les a réunis par la suite comme des bons frères. Ahmed Khalifa et Sidy Lamine ne connaissent pratiquement pas leur père qui est décédé très tot et c'est Baye qui s'était occupé d'eux. Ahmed, j-ai eu à m'occuper de lui personnellement.
Est-ce que vos élèves pratiquent le Français en dehors de l'arabe ?
Alhamdoulilah, j'ai par cxemple, un élève qui a fini son apprentissage du Coran à 11 ans avant d'aller à l'école française et de truster les bonnes notes. C'était déjà à l'époque de mon père et ce dernier ne voulait pas que cet élève me suive à Dakar quand je me suis mariée. Cet élève a par la suite fait son cycle primaire en Mauritanie, avant d'aller en Tïnisie avec un bon niveau de français et c'est un Arabe qui lui avait dit qu'il perdait son temps en Tunisie et qu'il devait aller dans les grandes universités. Après son bac, il a eu une bourse en France à l'Université de Montpellier et il a été conseiller d'Iba Det Thiam à son retour, au Sénégal. Il a travaillé aussi à la Fao, à Rome, en Egypte et en Irak, mais depuis la survenue de la guerre, il n'est pas retourné là-bas. Mais tous les élèves ici allient maintenant le Français à l'arabe.
Comment s'organise la vie de Cheikha Mariama Niass ?
Je me nourris du Coran et des bienfaits de Dieu. Les magasins de Dieu sont remplis de tout et je m'en remets à lui. Dieu m'aide beaucoup dans ma démarche. Je mange tout ce qu' une personne normale mange. Je ne me prive de rien puisque je suis bien portante. Je raffole du Thiéhou Diéne avec de bons poissons.
Avez-vous des hobbies ?
La seule compagnie des enfants me suffit largement et le fait d'effectuer mes Ziarras. Et par là, je veux dire que j'aime beaucoup les voyages. Dieu a dit d'aller voir le monde pour être au fait de tour.
A votre âge, avez-vous toujours bonne mémoire ?
Oui, je rends grâce à Dieu et à cause du Coran je souhaite que ma mémoire ne flanche jamais. Mon père m'avait recommandé de lire chaque vendredi le Coran en entier. Je le fais toujours et n'empêche, chaque matin, je lis le Coran en entier avec mes élèves.
Pratiquez-vous un sport ?
Je ne fais pas de sport en particulier, mais je ne suis pas inactive, je bouge beaucoup et je vaque à mes occupations. Quand je suis en forme, il m'arrive de prendre ma voiture pour aller faire des courses, sinon j'envoie les enfants à ma place.
Comment voyez-vous la Fayda aujourd'hui au Sénégal ?
Alhamdonlilahi, vous aurez remarqué que la Fayda suit son cours et qu'il est présent dans le pays. Baye Niass n'aimait que Dieu et tout le monde le sait et il n'a jamais œuvré que pour l'action divine. II a montré qui il était et même sans être là, la Fayda lui survit. Un jour, Baye Niass nous avait fait lire le Coran une centaine de fois et nous avait expliqué que, du temps de son père, ils n'en lisaient pas autant. Il avait alors expliqué qu'il en serait toujours ainsi et que le progrès n'arrêterait jamais. II a toujours dit que le présent serait meilleur que le passé. C'était son discours.
Maintenant qui devient Cheikha et Cheikh ?
Le Cheikh est l'homme donc et Cheikha est la femme.
Qui peut devenir Cheikh ?
Ce n'est pas quelque chose qu'on s'autoproclame, on doit le mériter. II faut travailler et avoir une certaine hauteur dans la religion. Cela peut être aussi un don de Dieu.
Que pensez-vous de la survenue d'un nouveau type de Cheikh au Sénégal comme l'ancien lutteur Mouhamed Ndao «Tyson» ou le musicien Demba Dia ?
Je n'en pense rien. Je ne m'occupe pas de ces affaires-là. Je ne sais pas pourquoi et je ne veux pas m'occuper de ces choses-là. Moi mon père, Baye Niass m'avait confié la gestion de l'enseignement du Coran et c'est tout ce que je sais faire.
Un homme comme «Tyson» a été intronisé Cheikh pourtant dans un Gamou où vous étiez présente ?
Je n'ai rien à voir avec ça et la vérité est que le Gamou avait eu lieu dans une de mes écoles sur l'autoroute et c'est tout. Je n'en sais pas plus. Lui c'était un talibé, mais le titre de talibé n'a rien à voir avac celui de cheikh.
Qui a décidé en fait de faire de «Tyson» un Cheikh ?
Je l'ignore et de toute façon je n'étais pas présente ce jour-là, puisque j'avais voyagé. Je ne suis au courant de rien et je n'ai pas demandé non plus.
Pourquoi vous ne vous êtes pas renseignée à votre retour ?
Je ne vais pas dire pourquoi je ne l'ai pas fait, puisque maintenant c'est trop tard.
Pensez-vous qu'un talibé et un Cheikh sont différents ?
Tout ce que je sais, c'est que Baye Niass avait une fois remis à sa place un de ses talibés qui était vaniteux et aimait se faire voir. Mon père avait alors dit que la voie du salut du talibé se trouve dans sa simple condition de talibé et pas plus. Mon père a ajouté en disant qu'il était plus préférable pour un talibé d'aimer son marabout que le contraire. Cela, je l'ai retenu. Mais maintenant, on ne reconnaît plus les talibés et les Cheikh. II y a des Cheikha et des Cheikh partout.
Cela vous choque-t-il ?
En tout cas, on doit revoir certaines pratiques, car de mon temps, on ne reconnaissait qu'un ,seul marabout et tout le monde était talibé. Baye Niass était notre marabout à nous tous. II arrive de nos jours qu'une personne se lève pour s'autoproclamer marabout comme ça.
Que pensez-vous de la prolifération des Moukhadam à Dakar?
(Ironique) C'est du n'importe quoi et je l'ai remarqué bien sûr. Pour moi, il faut revenir à plus de simplicité et enseigner le Coran et le maîtriser. C'est ce que faisait Baye Niass. De toute façon, j'ai une règle et je refuse toujours qu'on m'oblige à nommer quelqu'un Moukhadam. Pour moi, seul le Khalife a ce privilège-là. Je ne comprends plus certaines pratiques (rires).
Que pensez-vous également des jeunes à Dakar qui mettent autour de leur cou un chapelet et disent voir Dieu après le tarbiyou ?
Je pense qu'à ce sujet, El Hadji Abdoulaye Niass, le khalife, a été clair et il a toujours interdit ces pratiques. Il a toujours été clair, mais maintenant, si certains continuent de braver les interdits, on n'y peut rien. Mais je crois qu'ils devraient s'inspirer de Baye Niass et de ses discours.
Mais n'est-ce pas leurs Moukhadam qui sont fautifs ?
Peut-être qu'ils ont tous une mauvaise compréhension des recommandations et qu'ils comprennent de travers.
Mame Ibrahim Fall et Baye Niass
16/10/2008 17:08 par emeu
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Mame Ibrahim Fall et Baye Niass
16/10/2008 17:08 par emeu
Mame ibra Fall surnommé Wayou Baye
Parmi les hommes formés et éduqués par Baye on peut citer Cheikh Ibrahima FALL (RTA).
Disciple et compagnon infatigable de Baye, Cheikh Ibra FALL est l’un des piliers de la Faydha. Mame Cheikh vouait à Baye un amour jamais égalé. Cette citation de Baye envers lui l’atteste grandement : « wa Ibrahima FALL houbbouhô khadimoune (l’amour que Ibrahima FALL porte à moi est sans précédent)». Il a vécu toute sa vie durant à Kossi village de la Faydha. Entre Mame Cheikh et Kossi c’est toute une histoire qui nécessite d’être revisitée afin de comprendre cet événement majeur qui s’est opéré en un moment donné dans la Faydha : celui de la naissance d’une « Ecole : Les Allah Baye ».
Mame Cheikh a formé des hommes et des femmes qui sont des héritiers de la foi, de l’amour, de la sagesse, de la connaissance limpide fondées sur des démarches méthodiques, une vision claire, nette et précise de Dieu, en tant qu’ héritiers sûrs, qui, pour rien au monde, ne nageront en contre courant des exigences de la Faydha. La seule révélation qui suit, nous suffit pour apporter une preuve patente à la bonne qualité et à la rigueur de son école que lui reconnaissait son maître : Mame Baye NIASS.
« Un jour Mame Astou DIANKHA la mère de Baye est venue demander à ce dernier : son fils et de surcroit précurseur de la Faydha, de l’initier aux secrets de celle-ci. Mais imaginez à quel point fut surpris bon nombre de disciples et de proches parents quand ils apprirent que Mame Baye lui a répondu que c’était Cheikh Ibrahima FALL qui était la personne indiquée (son Cheikh Mourabbi : son maître) pour lui admettre à la connaissance et au culte de la Faydha. Ainsi Mame Cheikh Ibrahima FALL transmettra à Mame Astou DIANKHA les secrets de la Faydha. »
Parmi les disciples de Mame Cheikh Ibrahima FALL, nous citerons nommément entre autres, Cheikh Abdoulaye Wilane, Oustaz Dame KA, Baye Pathé KEBE, Mame Lamine DIOP, Ya Néné THIAM, et Baye Mactar KA.
Commentaire
Il était une fois à KOSSI,Mame Ibra Fall était avec ses disciples qui faisaient des zikrs et dans leurs zikrs ils disaient:"Mame Ibra Fall Yadi Baye".Mame resta longtemps sans parler avant de leur dire de se taire s'ils ne savaient ce qu'ils devaient dire;après ce brusque silence ,les disciples reprenèrent les zikrs cette fois-ci en disant:"Mame Ibra Fall Wayou Baye".Et cette fois-ci Mame très content leur dit:je cite:"Nila maye wayou Baye wayé yénîte yénaye souma waye.Il obtena le titre de "Wayou Baye" grâce à l'amour qu'il avait envers Baye et en retour Baye lui donna tout ce qu'il possédait;et ceci Baye le témoigna: un jour Baye et Mame Cheikh étaient dans une même chambre et Baye appela Mame Cheikh trois fois et Mame Cheikh lui réponda en disant Niass trois fois; Baye lui dit il y'aura une période où les gens courront pour atteindre ton amour en vers moi mais ils n'apercevront pas la poussière de tes pas. Et je vais vous raconter un autre fait pour que vous puissiez savoir ce que Baye lui a donné en retour: Un jour , Mame Cheikh faisait un massage à Baye et tout à coup un individu arriva en pleurant et Baye lui demanda ce qu' il lui était arrivé et la personne lui répondit qu'il n'avait pas un fils pour lui donner le nom de Baye, pour qu'un jour quand il ne sera pas dans ce monde, que l 'on puisse lui témoigner son amour envers Baye, quand et aussi il n'avait pas d'argent pour lui donner et Baye lui répondit: je cite:regarde Ibra Fall il ne m'a pas donné de l'argent, il ne m'a pas construit de buildings mais si tu ouvres mon cœur tu lui y tourvera!